Santé : pourquoi la Seine-Saint-Denis termine dernière du classement Zava

Publié par Freya Yophy
le 26/10/2026
saint denis
Istock
Photo d'illustration
Accès aux médecins, espaces verts, équipements sportifs… Le classement Zava 2026 souligne les différences de cadre de vie entre départements. La Seine-Saint-Denis ferme la marche, tandis que les Hautes-Alpes arrivent en tête. Mais ces résultats ne mesurent pas directement la santé des habitants.

Un classement du cadre de vie, pas de la santé des habitants

Trouver un médecin, marcher près de chez soi ou accéder facilement à une alimentation variée : les possibilités ne sont pas identiques d’un territoire à l’autre. Le classement établi par Zava, entreprise de téléconsultation, cherche à comparer ces conditions locales.

D’après les résultats de l’édition 2026 relayés dans la presse, onze indicateurs sont combinés pour attribuer une note sur dix aux départements métropolitains. Ils portent notamment sur l’offre médicale, les équipements sportifs, les espaces naturels, la pollution et les commerces alimentaires.

Une distinction reste essentielle : ce palmarès privé n’est pas un classement officiel de l’état de santé de la population. Une mauvaise note ne signifie pas que les habitants sont nécessairement plus malades, ni qu’un département bien classé garantit une meilleure santé individuelle.

La Seine-Saint-Denis dernière, les Hautes-Alpes premières

Selon les résultats publiés en octobre 2026, la Seine-Saint-Denis occupe la 96e place, avec une note de 4,14 sur 10. Dans cette évaluation, le département est notamment pénalisé par les indicateurs de pollution et par le nombre de certains équipements ou commerces rapporté à sa population.

À l’autre extrémité, les Hautes-Alpes obtiennent 8,60 sur 10, devant les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Pyrénées. Les territoires de montagne bénéficient notamment de leur offre d’activités de plein air.

Paris illustre, de son côté, les limites d’une lecture fondée sur un seul critère. Malgré une forte densité médicale, la capitale figure au 74e rang, avec une note de 6,47 sur 10. L’offre de soins ne suffit donc pas à déterminer la position dans ce classement composite.

Pourquoi les notes doivent être interprétées avec prudence

Un nombre d’équipements pour 100 000 habitants renseigne sur l’offre disponible, mais pas nécessairement sur son accessibilité réelle. Un sentier éloigné, une salle de sport trop chère ou un cabinet n’acceptant plus de nouveaux patients ne répondent pas aux mêmes besoins.

De même, dénombrer des commerces qualifiés de « sains » ne permet pas de connaître précisément les prix, la qualité des produits ou les habitudes alimentaires des habitants. Il est possible de composer une alimentation équilibrée dans des commerces ordinaires, sans passer exclusivement par des magasins spécialisés.

Enfin, une note de pollution calculée pour un palmarès ne doit pas être confondue avec un seuil d’alerte sanitaire. Pour connaître la qualité de l’air près de chez soi, l’indice ATMO est publié quotidiennement à l’échelle locale.

Des inégalités d’accès aux soins bien documentées

Les fractures territoriales ne reposent toutefois pas uniquement sur des palmarès privés. La Drees utilise un indicateur plus précis que la simple densité médicale : l’accessibilité potentielle localisée, qui tient compte de la proximité des professionnels, de leur activité et des besoins de la population selon son âge.

Pour 2024, l’accessibilité aux médecins généralistes est 4,3 fois plus élevée pour les 10 % de la population les mieux dotés que pour les 10 % les moins dotés.

Ces données rappellent que l’accès aux consultations et aux démarches de prévention ne dépend pas seulement de la volonté individuelle. L’organisation des soins et les possibilités de déplacement comptent également.

Quels leviers pour agir au quotidien ?

Quelques adaptations peuvent aider, sans effacer les difficultés structurelles :

  • Bouger avec les possibilités disponibles. Marche, exercices à domicile ou activités associatives permettent de diversifier les occasions de mouvement. L’activité physique ne se limite pas au sport en club. Pensez aussi à interrompre régulièrement les longues périodes assises.
  • Diversifier son alimentation sans rechercher uniquement le frais ou le local. Les légumes surgelés nature et les conserves simples constituent également des options utiles. Les produits de saison peuvent aider à maîtriser le budget.
  • Envisager la téléconsultation lorsqu’elle est adaptée. Elle peut faciliter certains échanges et suivis, mais le médecin doit juger de sa pertinence. Elle ne remplace pas un examen physique lorsqu’il est nécessaire.

Le message à retenir : un classement peut éclairer des difficultés locales, mais il ne doit ni stigmatiser un territoire ni faire porter aux habitants la responsabilité de ses insuffisances.

Sources

Voir les commentaires