Quelle est cette pollution qui règne à l'intérieur de nos habitations ?

Publié le 30 Janvier 2006 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
La pollution atmosphérique serait responsable d'un décès sur vingt. Selon l'OMS, 3 millions de personnes en meurent chaque année dans le monde. La maîtrise de l'air que nous respirons est essentielle. Zoom sur la pollution à l'intérieur de nos habitations : tabac, amiante, radon…
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Le tabac

La fumée de tabac est la source de pollution intérieure majeure dans les pays développés. Le tabagisme passif a pu être rendu responsable d'un excès de mortalité de 15% toutes causes confondues. Le risque de développer un cancer bronchique est augmenté de 20% à 34% chez les femmes exposées au tabagisme de leur mari. Des études concordantes mettent en évidence un excès de risque lié au tabagisme passif pour les cancers ORL, les leucémies lymphocytaires chroniques, les cancers du sein, en revanche son rôle est discuté pour les cancers de la vessie. L'enfant exposé durant la grossesse au tabagisme passif présente un plus grand risque de développer une tumeur cérébrale ou un lymphome.

L'amiante

L'exposition domestique à l'amiante a été loin d'être négligeable par le biais des joints de four, des isolations, des grille-pain, des revêtements, des tables à repasser, des plaques d'amiante placées derrière les radiateurs sans parler des activités de bricolage (découpe de plaques d'Eternit...). Cette exposition domestique a été rendue responsable de cancers de la plèvre (pour lesquels l'augmentation du risque se manifeste dès les niveaux d'exposition les plus faibles). En ce qui concerne les cancers bronchiques, l'inhalation domestique de ces fibres n'a pas montré son rôle.

Le radon

Le rôle du radon (et de ses produits de filiation) dans la survenue d'un cancer bronchique a été amplement démontré chez les mineurs d'uranium. Il existe une exposition domestique et environnementale liée aux sols sur lesquels sont construits les bâtiments et à la ventilation de ces derniers. Le radon pénètre par les fondations grâce à l'infiltration d'eau au travers des dalles et par les canalisations. Le radon dissous dans l'eau infiltrée dans le sol diffuse rapidement dans l'air. La principale source d'exposition chez l'homme est liée à l'inhalation des descendants radioactifs du radon.En France, il y a du radon dans le sous-sol de tout le territoire, surtout dans les régions riches en granit.

La pollution intérieure dans les pays en voie de développement

Comme pour la pollution extérieure, le degré de pollution intérieure dans les pays en voiede développement est supérieur à celui des pays du monde occidental. Bien que dans lespays en voie de développement les maisons soient beaucoup plus ventilées, les émissions de polluants sont telles que l'exposition est malgré tout très importante. Les plus grandes sources de pollution intérieure sont les moyens de chauffage et de cuisson. Le niveau de pollution décroît au fur et à mesure qu'on monte dans l'échelle de production d'énergie. Tout en bas de l'échelle, se situant les fientes d'animaux puis les résidus végétaux puis le bois, le charbon, le kérosène, le gaz et enfin l'électricité.

En conclusion

Si nous devons prendre en considération de nombreux polluants aériens et surveiller de près leur relation avec le cancer, le tabac reste de loin le premier polluant incriminé dans la genèse de cancers : bronchiques en premier lieu. Il est aussi considéré à juste titre comme le responsable principal direct de nombreuses maladies respiratoires, aggravant la pollution de l'air ambiant, notamment dans les villes industrielles. Par ailleurs le tabagisme passif doit être considéré comme un des composants les plus importants de la pollution intérieure. Cependant, le tabac ne doit pas occulter l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé. La loi sur l'air de 1996, « qui reconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé » introduit l'obligation d'évaluer les impacts sanitaires de la pollution de l'air, répondant ainsi à un principe élémentaire de citoyenneté : le droit à l'information. Différents programmes de surveillance sanitaire sont aujourd'hui en place, au niveau national et européen. Ils confirment que la pollution est toujours un problème de santé publique, par ses conséquences à long terme, ainsi que par ses effets à court terme sur les personnes les plus fragiles. Ces résultats doivent éclairer les décisions de l'ensemble des acteurs, publics et privés, mais également nous inciter à nous interroger sur nos comportements individuels.

Source : Institut Lilly