Prothèses chinoises : cinq dentistes licenciés à Nantes, les patients dans l’incertitude

Publié par Freya Yophy
le 04/10/2026
centre dentaires
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À Nantes, le licenciement de cinq chirurgiens-dentistes du centre mutualiste VYV de la rue Noire bouleverse le suivi des patients. Au cœur du conflit : une politique d’achat de prothèses importées, contestée par les praticiens et défendue par leur employeur.

Trouver un nouveau dentiste, récupérer ses radiographies, comprendre ce qui adviendra d’un traitement commencé : les patients du centre nantais doivent désormais chercher des réponses concrètes. Selon les informations rapportées par la presse, l’établissement compte une patientèle de plus de 6 000 personnes.

Ce chiffre ne signifie pas que toutes avaient un traitement en cours. Il donne néanmoins la mesure des conséquences possibles pour l’accès aux soins bucco-dentaires, au-delà du conflit entre salariés et direction.

Un désaccord sur les prothèses qui débouche sur cinq licenciements

Le différend était déjà public au printemps. En mai 2026, cinq chirurgiens-dentistes avaient été mis à pied après avoir refusé de respecter une consigne d’approvisionnement comportant un minimum de 30 % de prothèses importées, notamment de Chine.

Les praticiens contestent cette orientation au nom de leur indépendance professionnelle. Ils mettent également en avant l’intérêt de travailler avec des laboratoires de proximité pour échanger sur les dispositifs et effectuer les ajustements nécessaires.

Le 21 septembre 2026, les cinq dentistes ont été licenciés pour faute grave. Télénantes rapporte que leur départ a entraîné l’arrêt des soins au cabinet, faute de praticiens. Cette interruption ne doit toutefois pas être confondue avec une fermeture définitive de l’établissement.

Les organisations syndicales demandent le retrait des licenciements, la réintégration des professionnels et le maintien des emplois. Des patients et des représentants syndicaux se sont rassemblés devant le centre le 30 septembre.

VYV3 défend l’équilibre économique de ses centres

La direction présente une lecture différente de sa politique d’achat. Dans les explications rapportées par la presse, VYV3 Pays de la Loire affirme que 70 % des achats de prothèses, en valeur, restent réalisés auprès de fabricants français.

Le recours complémentaire à des laboratoires étrangers viserait à préserver la viabilité économique du réseau mutualiste. Cette proportion exprimée en euros ne renseigne cependant pas directement sur le nombre de prothèses fabriquées dans chaque pays.

Les dentistes dénoncent, de leur côté, une recherche de marge susceptible de prendre le pas sur leurs choix cliniques. Ces critiques doivent rester attribuées à leurs auteurs : elles ne constituent pas, à elles seules, une conclusion judiciaire sur la légalité des licenciements. Interrogé sur les sanctions, le groupe a indiqué ne pas commenter les situations individuelles.

Origine des prothèses : ce que les patients peuvent vérifier

Une fabrication en Chine ne démontre pas, en elle-même, un défaut de qualité. Les dispositifs importés doivent respecter la réglementation applicable, notamment les exigences de sécurité et de traçabilité.

Le patient dispose d’un droit à l’information. Le devis remis avant les soins prothétiques doit notamment préciser les matériaux, les honoraires et la fabrication dans ou hors de l’Union européenne. Une déclaration de conformité accompagne ensuite la remise du dispositif.

L’indépendance professionnelle du chirurgien-dentiste est également protégée par le Code de la santé publique. L’application de ce principe au conflit nantais nécessite toutefois d’examiner précisément les consignes et les circonstances des sanctions.

Dossier médical, rendez-vous et acomptes : les démarches utiles

Pour les personnes concernées, la priorité est d’éviter une rupture prolongée du suivi dentaire. Le numéro du centre figurant dans l’annuaire du groupe VYV est le 02 40 29 00 40.

Plusieurs demandes peuvent être formulées par écrit :

  • Obtenir les modalités de poursuite des soins, notamment pour un traitement déjà engagé.
  • Demander une copie du dossier médical, avec les radiographies et les informations nécessaires à un nouveau praticien.
  • Faire préciser la situation financière, en sollicitant un décompte des actes réalisés, des sommes versées et des éventuels remboursements.

L’accès aux informations médicales récentes doit normalement intervenir dans les huit jours suivant la demande, après un délai minimal de réflexion de 48 heures. Le délai peut atteindre deux mois pour les informations datant de plus de cinq ans.

Conserver les devis, factures et échanges écrits permettra de faciliter la reprise des soins et de clarifier toute contestation.

Sources

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