Ne prêtons pas nos brosses à dents !

Publié le 01 Juillet 2002 à 2h00 par Dr Philippe Presles
Herpès, hépatite C, les candidats à la contagion ne manquent pas selon le Dr Alain Chanderot, chirurgien dentiste.

e-sante : Le brossage des dents avec une brosse à dents partagée peut-il être contaminant ?

Dr Alain Changerot : Des travaux intéressants menés en Allemagne ont mis en évidence que le matériel génétique du virus de l'hépatite C de sujets infectés était retrouvé à la fois dans les eaux de rinçage de bouche, avant et après brossage. Mieux encore, parmi les poils de brosse à dents, même après le rinçage à l'eau salée de ces dernières, ce matériel se retrouve dans 40% des cas. Peut-on dire que ces particules seraient contaminantes ? Les auteurs de l'étude disent que c'est possible, mais pas certain. Il n'est pas avéré que les éléments pathogènes soient demeurés actifs à travers toutes ces péripéties. En tout état de cause, la sagesse populaire disait jadis que "les femmes et les brosses à dents sont des biens qui ne se partagent pas". Restons sages !

e-sante : L'hépatite C concerne de nombreux patients en France. Comment les chirurgiens dentistes s'organisent-ils pour éviter toute contagion ?

Dr Alain Chanderot : Une personne sur cent est porteuse du virus de l'hépatite C et satransmission se fait en principe par voie sanguine. Elle peut donc se faire avec des aiguilles souillées, des rasoirs, etc. Mais d'autres voies ne sont pas à exclure. Les mesures mises en place dans les cabinets dentaires par un processus de routine ont pour but d'éviter tous types de contamination croisée, vis à vis de l'hépatite comme du reste : gants, masques, serviettes, gobelets, canules, aiguilles et lames de bistouri, outillages jetables et à usage unique. Stérilisation des outils réutilisables, bains décontaminants sont d'une bonne efficacité. Concernant la contamination directe, elle devrait être nulle dès lors que ces protections sont appliquées.