Ménopause et poids, une croyance complètement erronée !
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Que conseillez-vous ?

Dr David Elia : Personnellement, je ne recommande plus les régimes hypocaloriques car ils sont frustrants, jalonnés de reprises de poids et parce qu'ils durent de longs mois, parfois des années. On ne peut donc pas passer à l'étape suivante, qui consiste à se demander : "maintenant que j'ai atteint mon poids idéal, qu'est-ce que je fais pour conserver mon poids ?"

Certaines femmes deviennent ainsi esclaves de ces stratégies restrictives sans jamais atteindre le poids recherché et donc sans jamais pouvoir passer à l'étape importante de stabilisation du poids grâce à une stratégie alimentaire judicieuse.

Inversement, la diète protéinée médicalisée permet d'obtenir une perte de poids rapide et ainsi de passer immédiatement à la 2e problématique qui consiste à modifier son comportement alimentaire pour toute la vie, afin de ne pas reprendre de poids.

Attention, je parle ici de la diète protéinée encadrée médicalement, pas des régimes en sachets protéinés, que l'on trouve ici ou là et dont on se sert de façon spontanée, sans encadrement particulier et de façon très diverses, le plus souvent en "substitution de repas". Ces stratégies ont mauvaise presse car, soit ne donnent pas de résultats durables, soit exposent à des malaises divers, voire à des accidents.

Le principe de la diète protéinée est très simple : en apportant presque exclusivement des protéines (et très peu d'hydrates de carbone), on oblige l'organisme à puiser de l'énergie dans les graisses stockées. C'est le phénomène de cétose. Lors de cette diète, on n'a pas faim, on est rassasié. Toutefois, pour certaines femmes, l'envie d'aliments plaisirs persiste. C'est rapide et efficace : en moyenne, on perd 10% de son poids en 4 semaines, ce qui est beaucoup. On n'est pas du tout fatigué et on ne perd pratiquement pas de muscle. Le principal inconvénient est social et convivial, car pendant qu'on fait cette diète on ne peut pas se mettre à table avec les autres. En effet, si l'on mange des hydrates de carbone (un morceau de pain par exemple), même très peu, la cétose s'arrête et c'est l'inefficacité pendant plusieurs jours.

Ensuite, on revient à la vie normale, on abandonne définitivement la diète protéinée et je réapprends à mes patientes à bien s'alimenter, c'est-à-dire à équilibrer leur alimentation correctement : 50% de féculents et autres hydrates de carbone, 25% de protéines et 25% de graisses : le poids perdu ne reviendra pas. Je leur fais alors à ce stade (atteint entre 4 et 8 semaines en général) deux recommandations majeures :

1) Il ne faut pas avoir faim (entre les repas). Si c'est le cas, il y a un problème, car il est impossible d'avoir faim si l'on mange suffisamment de protéines et de féculents, (avec très peu de matières grasses) : pommes de terre au four, pâtes avec un filet d'huile d'olive mais sans parmesan, fruits et légumes à volonté, un peu de sucre et même d'alcool de temps en temps. Si on a encore faim c'est que l'on ne mange pas suffisamment !

2) Il ne faut pas être frustré. Les aliments plaisirs, en général très gras, (fromage, chocolat, glaces, etc.) ne doivent pas être exclus, mais consommés de temps en temps : il faut organiser des dérapages 4 à 5 fois par mois (pas plus et de façon espacée, jamais coup sur coup !). Et parce que cela donne du plaisir et parce que, non frustrée on ne prend pas le risque de déraper plus.

Et le traitement de la ménopause : fait-il grossir, maigrir ?

Dr David Elia : Seul un traitement hormonal substitutif de la ménopause trop dosé en estrogène peut faire grossir les seins, les cuisses et finir par faire prendre du poids. Sinon, il n'a pas de prétention à faire grossir. En plus, il est capable d'effacer toutes les petites misères de la ménopause et indirectement la prise de poids liée à la baisse de moral, à la fatigue, aux insomnies et aux bouffées de chaleur, c'est-à-dire aux symptômes de la ménopause susceptibles d'influencer le comportement alimentaire à la hausse.

Autre chose importante à savoir, le traitement permet de conserver les graisses typiquement situées dans les endroits féminins (localisation gynoïde) : les fesses, les cuisses, les jambes. Inversement, une femme qui ne suit pas de traitement aura tendance à prendre du poids sur le ventre (localisation androïde).

C'est la caricature de Jacques Faizant de la femme de plus de 60 ans qui prend du ventre et qui maigrit des jambes. Or la graisse abdominale androïde constitue un facteur de risque cardiovasculaire, de cancer du sein et aussi de l'utérus. Voilà pourquoi il est aussi intéressant de conserver son poids, voire de le réduire et ainsi d'éviter la transformation du corps de gynoïde en androïde.

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