Médecine esthétique : le Vampire Lift et les injections de PRP
Publié le 25 Mai 2016 à 13h32 par Jessica Xavier, journaliste beauté

Le PRP c’est quoi ?

Le Plasma Riche en Plaquettes (PRP) est un plasma extrait du sang riche en plaquettes. "Il est aujourd’hui possible de séparer les plaquettes sanguines des globules rouges et des globules blancs à l’aide d’une centrifugeuse, explique le Dr Guy Magalon, chirurgien plasticien. Ces plaquettes, cellules sans noyau, sont des réservoirs de facteurs de croissance qui favorisent la production de collagène et d’élastine". Injecté dans les tissus grâce à une petite seringue, le PRP favorise la cicatrisation, le rajeunissement tissulaire, stimule les mécanismes naturels de régénération de la peau. Il est également utilisé dans le domaine médical pour le traitement de l’arthrose, de la tendinite…

Le PRP est extrait du propre sang de la patiente ce qui en fait un produit 100 % biocompatible. Riche en cellules régénératives, le PRP est un produit autologue dont les effets sont à la fois immédiats et continus.

Le Vampire Lift et autres indications esthétiques des injections de PRP

Si l’utilisation en médecine esthétique du Plasma Riche en Plaquettes est assez récente, il est utilisé depuis plus longtemps dans d’autres domaines comme la médecine du sport ou en milieu hospitalier comme le rappelle le Dr Duvernois, médecin esthétique : "Avant d’être esthétiques les indications des injections de PRP sont médicales. On les utilise par exemple pour traiter les brûlures et les ulcères depuis 30 ou 40 ans. On a donc un bon recul quant à l’utilisation de ce produit dans le milieu médical."

  • L’action anti-âge des injections de PRP

C’est bien l’indication anti-âge qui a mis en lumière et fait connaître au grand public les injections de PRP. Il y a quelques années, Kim Kardashian postait sur Instagram une photo d’elle le visage recouvert de sang, après s’être fait injecter dans le derme son propre sérum. La photo avait en légende le hashtag Vampire Lift. Un terme marketing était lancé. Depuis, de plus en plus de stars vantent les bienfaits jeunesse du "Vampire Lift". Mais attention, les injections de PRP n’ont rien à voir avec un lifting qui est un acte chirurgical et dont les suites et résultats ne sont pas les mêmes. Là, pas d’incision ni d’opération chirurgicale, uniquement des injections.

Le PRP grâce à sa composition très riche en vitamines, sels minéraux, protéines, une fois injecté dans le derme, stimule et relance la synthèse de collagène et d’élastine. En anti-âge, les injections sont prisées pour leur action préventive et correctrice. Injecté par le médecin dans le derme, le produit autologue agit à plusieurs niveaux : il lisse les ridules, atténue une peau fripée, offre une meilleure qualité de peau en réduisant les boutons et impuretés, donne un coup d’éclat.

Les injections de PRP sont particulièrement indiquées pour traiter le visage (sillons naso-géniens, bouche, joues), le cou, le décolleté, le dos des mains. "Elles auront un bel effet sur les ridules péribuccales, le cou et le décolleté mais elles n’auront pas d’effet sur les rides profondes, prévient le Dr Duvernois. Il ne s’agit pas d’un produit de comblement."

Si les injections de PRP sont très intéressantes en prévention, pour booster l’éclat de la peau, retarder les effets du vieillissement, elles le restent après 45 ans, justement pour ce côté éclat qui ravive le teint et apporte un coup de fouet à la peau à tout âge.

Le déroulé de la séance

Elle se passe en trois temps : une infirmière prélève le sang qui est ensuite centrifugé pour que les plaquettes soient séparées des globules blancs et rouges, puis le médecin injecte de petites quantités de PRP dans le derme à l’aide d’une petite aiguille. L’opération peut être réalisée avec l’application d’une crème anesthésiante, si besoin.

Le protocole en anti-âge est "de deux séances d’attaque espacées de 6 semaines, puis une séance annuelle. Il est bon de refaire deux séances annuelles pour booster les effets tous les 3 ou 4 ans, environ" conseille le médecin esthétique.

  • Le PRP contre la chute de cheveux

Les injections de PRP sont également très intéressantes dans la repousse des cheveux. Attention, "elles ne remplacent pas une greffe, prévient le Dr Duvernois. Mais elles vont stimuler les cellules, permettre aux cheveux de rester en phase anagène (phase de croissance) plus longtemps et de repartir en croissance. Les injections de PRP sont une indication assez demandées dans le traitement de la calvitie en pré et post opération capillaire."

  • Une action cicatrisante

"Les plaquettes assurent le saignement et permettent aux plaies de cicatriser" éclaire le Dr Magalon. C’est pourquoi, ces cellules sont très intéressantes dans le processus de cicatrisation et que le plasma riche en plaquettes est utilisé depuis des décennies dans certains services hospitaliers, chez les grands brûlés notamment."

Les atouts du PRP

"Au-delà de ses nombreuses indications esthétiques, le Plasma Riche en Plaquettes séduit pour son aspect naturel. Contrairement aux fillers d’acide hyaluronique, par exemple, là, la patiente se voit injecter son propre plasma, ce qui est un argument pour certaines, assure le Dr Duvernois. Par ailleurs, le PRP est un produit biocompatible, les risques de rejet ou d’allergies sont quasi-nuls. Quand le prélèvement, la centrifugation et l’injection sont réalisés dans le respect des normes d’hygiène et de sécurité, il n’y a pas de complications sévères à craindre après l’injection de cellules autologues."

Enfin, les suites sont très légères contrairement à un lifting. Ici, "pas d’éviction sociale, pas de brûlure, ni de problème de photosensibilisation. La patiente peut reprendre une activité normale juste après la séance", rassure le Dr Duvernois. Les seules choses à craindre : des petites rougeurs et de petits hématomes qui vont disparaître dans les 2 à 3 jours suivant l’injection.

Les limites des injections de PRP

Si les contre-indications sont assez limitées, certaines existent tout de même : les injections ne se feront pas sur les personnes souffrant de maladies auto-immunes, les patients sous coagulants et "par principe de précaution, poursuit le Dr Duvernois, on ne fera pas d’injection de PRP sur d’anciennes zones cancéreuses."

Le coût peut être également un frein, les injections de PRP étant un peu plus chères qu’un autre produit de comblement : "Compter environ 500 € la séance avec un skin booster, contre 600 à 900 € pour des injections de PPR."

Entretenir la jeunesse et la beauté de sa peau a un coût qui est d’autant plus élevé quand la méthode est naturelle.

Cet article vous a intéressé ?

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Source : Entretien avec le Dr Duvernois, médecin esthétique à la Clinique des Champs Elysées

Intervention du Dr Guy Magalon, chirurgien plasticien, lors du 18ème Congrès Mondial de l’IMCAS, en janvier 2016