Mars Bleu : à quoi sert le dépistage du cancer du côlon ?

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En ce mois de mars, le dépistage du cancer colorectal est à l'honneur. Proposé dès 50 ans, il permet de repérer tôt les polypes à l'origine de cette maladie. Et de les traiter efficacement.

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Un ruban bleu, tout au long du mois de mars, afin de lutter contre le cancer du côlon-rectum. L'objectif : mettre à l'honneur le dépistage de ces tumeurs, qui tuent 18 000 personnes par an. En France, elles constituent le deuxième cancer le plus meurtrier.

Pour éveiller les consciences, les associations de lutte contre le cancer multiplient les actions jusqu'au 1er avril. Au programme : marches collectives, soirées débats, opérations portes-ouvertes mais aussi le "Côlon tour".

Ce côlon géant et gonflable sillonne la France afin d'aider chacun à mieux comprendre les mécanismes qui mènent à un cancer dans cette zone du corps qui fait généralement l'objet d'un pesant silence

Pourquoi un mois consacré au dépistage ?

En France, le dépistage du cancer colorectal est largement insuffisant. Pour bien faire, il faudrait que 45 % des personnes de plus de 50 ans y aient recours. Dans les faits, seul un tiers de la population cible l'a réalisé entre janvier 2016 et décembre 2017.

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Un léger progrès par rapport aux années précédentes, mais qui cache de grosses disparités. Dans huit départements français – dont la Corse, les Alpes-Maritimes ou encore Paris – moins d'une personne concernée sur quatre s'est faite dépister. Les hommes sont également moins "friands" de cette stratégie.

En sensibilisant les Français et les Françaises au bon pronostic de ce cancer, les autorités espèrent améliorer ces chiffres. "Il s'agit d'instaurer des véritables rendez-vous autour du dépistage organisé permettant à toutes les personnes de 50 à 74 ans d'en bénéficier gratuitement", explique dans un communiqué le Pr Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer.

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A quoi sert le dépistage ?

Le cancer colorectal se forme à partir d'un polype, qui se développe sur la paroi interne du côlon ou du rectum. Sa progression peut durer des dizaines d'années. La bonne nouvelle, c'est qu'il est possible de les détecter à un stade très précoce, alors qu'ils ne sont pas encore cancéreux.

L'ablation de ces polypes permet, dans neuf cas sur dix, une guérison totale. Pour les repérer, un test de dépistage très simple est proposé aux personnes de 50 à 74 ans, tous les deux ans : le test immunologique.

Il s'appuie sur un échantillon réalisé à la maison, à l'aide d'un kit obtenu gratuitement. 5 minutes suffisent à le réaliser, puisqu'il est nécessaire de pratiquer un seul prélèvement sur ses selles.

Une fois au laboratoire, ce test est examiné par des spécialistes, qui recherchent des traces de sang dans les selles. Elles peuvent révéler la présence d'un cancer sans symptômes. Si le résultat est positif, une coloscopie de contrôle – et d'ablation est proposée. Elle est prise en charge à 100 %.

En 2015, cette stratégie a permis de détecter 4 300 cancers et 17 000 lésions précancéreuses. Elle est complétée par une approche adaptée aux personnes à risque modéré ou élevé – en raison d'antécédents personnels ou familiaux. Une coloscopie de contrôle se substitue alors au test immunologie. Un test d'oncogénétique peut aussi être prescrit.

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