Ma poitrine est-elle normale ?

Publié le 18 Juillet 2019 à 14h32 par Sophie Raffin, journaliste santé
Validé par : Dr David Gonnelli, Chirurgien esthétique
Entre les décolletés vertigineux des stars sur les tapis rouges et les seins fermes des mannequins dans les magazines, il est parfois difficile de ne pas se poser cette question : "ma poitrine, est-elle normale ?". Mais, ces complexes sont-ils justifiés ? Que cachent vraiment nos corsages ?
© Istock

Toutes les formes de seins sont dans la nature 

Trop petite, trop grosse, gant de toilette... les mots utilisés par les femmes pour décrire leur poitrine ne sont pas toujours tendres. Et il faut le reconnaître... face au mythe des pin-up, les “pare-chocs” affriolants des starlettes affichés sur les réseaux sociaux ou encore les seins pimpants régulièrement montrés dans nos films et séries, il n'est pas évident de garder confiance en soi, et surtout en notre décolleté.

Mais heureusement, les femmes parviennent le plus souvent à se détacher de ces images idéalisées. Selon une étude menée auprès de 1000 Américains et 1000 Européens en 2016 par Zavamed, que cela soit aux États-Unis ou en Europe, la grande majorité des femmes interrogées - quelle que soit la taille de leur poitrine - sont satisfaites de leur bonnet. Plus de 8 sondés sur 10 ayants un bonnet C se disent ravie de la taille de leur poitrine en Europe. Les plus petits et les plus gros bonnets enregistrent le plus “faible” taux de satisfaction, mais restent tout de même largement au-dessus de 50% (63,9% pour les A, AA et 57,5% pour les D).

[image:fid::|class::loaded|alt::Satisfaction des femmes par rapport à leur taille de bonnet|width::801alt::Toutes les formes de seins sont dans la nature ]

Poitrine : quelle est la taille idéale ?

Dans le cadre de la même recherche, plus de six femmes sur dix (60,4%) ont affirmé que le bonnet C était la taille de poitrine idéale, et un peu plus d'un homme sur deux (53,6%) partageaient leur avis. Mais ces représentations sublimées ne doivent pas nous pousser à remettre en cause notre silhouette. Le chirurgien esthétique Dr David Gonnelli, assure "Lorsqu'on a éliminé tout ce qui est pathologique, la normalité n'existe pas. Avoir des petits seins ou des gros seins reste normal. Il existe toute forme de seins dans la nature". "Petit, gros, en forme de poire ou de pomme... quelle que soit leur allure, on peut très bien se plaire comme ça", complète-t-il.

[image:fid::|class::loaded|alt::Taille de bonnet idéale vs réalité|width::801alt::Poitrine : quelle est la taille idéale ?]

Poitrine : quels sont les complexes les plus fréquents ?

Toutefois, certaines femmes ne sont pas à l'aise avec leur silhouette, et cela même si leur décolleté ne présente aucune pathologie. "En fonction des standards de beauté intégrée dans sa tête, la patiente peut être complexée et vouloir se faire opérer", ajoute le spécialiste.

Les motifs de consultations les plus fréquents sont les seins un peu petits (bonnet A ou B) et les tombants. "Pour ces derniers, cela s'appelle une ptôse mammaire. On l'observe surtout chez les femmes qui ont eu des enfants. En effet, les changements de poids et l'allaitement entraînent une chute de la poitrine. Il ne s'agit pas d'une pathologie, mais c'est une source de complexe fréquente", précise Dr David Gonnelli

Il ajoute : "Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les patientes qui viennent consulter en chirurgie esthétique, le font pour elles-mêmes. Il ne s'agit pas d'une demande de leur mari. C'est quelque chose de très personnel. Elles souhaitent, avant tout, être fières d'elles-mêmes lorsqu'elles se voient dans un miroir".

Si la relation compliquée de certaines femmes avec leurs seins est nourrie par leur propre schéma corporel, pour d'autres les difficultés rencontrées avec leur poitrine ont un vrai aspect pathologique. Ces opérations sont d'ailleurs généralement prises en charge par la sécurité sociale.

Hypertrophie mammaire : des seins trop gros

[image:fid::6776067|title::|alt::Ma poitrine est-elle normale ?|width::680|height::453alt::Hypertrophie mammaire : des seins trop gros]

Avoir une très forte poitrine, notamment par rapport à sa morphologie, peut représenter un véritable handicap pour les femmes. "Cette pathologie appelée hypertrophie mammaire entraîne des douleurs au cou, aux épaules et au dos", explique le chirurgien. En raison du poids des seins, ces patientes rencontrent des difficultés à réaliser certaines activités du quotidien comme faire du sport ou porter des vêtements adaptés à leur silhouette. Ils peuvent aussi entraîner des troubles psychologiques (complexe, mésestime de soi).

Ces seins disproportionnés proviennent d'un développement anormal de la glande mammaire. Il peut survenir à la puberté ou encore après une grossesse ou une prise de poids importante.

L'opération de réduction mammaire est prise en charge par la sécurité sociale lorsque le volume de glandes retirées est supérieur à 300 grammes par sein. C'est l'équivalent d'environ de 2 bonnets.

Hypotrophie mammaire : des seins trop petits

[image:fid::6776070|title::|alt::Ma poitrine est-elle normale ?|width::680|height::453alt::Hypotrophie mammaire : des seins trop petits]

L'hypotrophie mammaire correspond à des seins trop petits par rapport à la morphologie de la femme. "On parle d'hypotrophie mammaire lorsque la poitrine de la patiente ne remplit pas du tout un bonnet A. Une autre définition - peut-être plus parlante – précise qu'on souffre de cette pathologie lorsque la différence entre le tour de poitrine et le dessous de poitrine est inférieure à 5 cm", précise le chirurgien plasticien.

La pathologie peut résulter d'un mauvais développement de la glande mammaire à la puberté ou d'une perte de volume à l'âge adulte après une grossesse, un amaigrissement ou encore des perturbations hormonales…

Contrairement à Hypertrophie mammaire, l'hypotrophie mammaire n'occasionne pas de douleurs physiques. En revanche, elle peut causer de vives souffrances psychologiques : complexes, mauvaise estime de soi...

Cette insuffisance mammaire peut uniquement être corrigée par la pose de prothèses. "Cela peut être pris en charge. Toutefois, ce n'est pas automatique, il faudra auparavant l'accord du médecin de la sécurité sociale", précise le chirurgien.

Les seins tubéreux : une malformation rare 

[image:fid::6776071|title::|alt::Ma poitrine est-elle normale ?|width::680|height::383alt::Les seins tubéreux : une malformation rare ]

Les seins tubéreux présentent une anomalie de leur base mammaire qui leur donne une forme de tube. Cette malformation rare – dont la cause n'a pas été identifiée - peut apparaît à la puberté. David Gonnelli explique "En plus de l'anomalie de forme, les seins sont généralement plutôt petits et très haut. De plus, l'aréole (la tache foncée située autour du téton) est très élargie". L’asymétrie mammaire est également un autre signe.

La malformation peut toucher l'un ou les deux seins. Si le diagnostic peut être posé dès l'adolescence, il fait attendre la fin de la puberté pour réaliser une opération correctrice.

Les autres anomalies : asymétrie, mamelons ombiliqués

Les poitrines peuvent être atteintes d'une autre malformation : une asymétrie. "Certaines femmes peuvent avoir des seins asymétriques. C'est-à-dire que l'un est plus gros que l'autre", ajoute le chirurgien esthétique.

Par ailleurs, une femme sur 10 a des mamelons ombiliqués. Il s'agit d'une malformation - principalement congénitale - des tétons. Au lieu de pointer vers l'extérieur, ils sont rentrés ou peu proéminents, car les canaux galactophores sont trop courts. Outre les complexes qu'elle peut créer, cette anomalie risque de rendre l'allaitement difficile les premiers jours.

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Source : Merci au docteur David Gonnelli, Chirurgien esthétique à Marseille et auteur du livre "Chirurgie esthétique, mode d’emploi" aux éditions leduc.s.