La lubrification féminine et la sécheresse vaginale
Sommaire

Les troubles de l'excitation sexuelle

La lubrification est une des composantes physiques de l'excitation féminine, avec la tumescence clitoridienne, et la vasodilatation responsable de la transsudation créant la lubrification, ainsi qu'une réponse musculaire modifiant la lumière vaginaleballonisation du tiers proximal et rétrécissement du tiers distal.De nombreuses causes psychogéniques personnelles ou relationnelles peuvent être retrouvées ; le plus souvent elles vont s'additionner et se renforcer.Des travaux récents montrent que les perceptions subjectives de l'excitation sexuelle ne sont pas toujours corrélées à l'excitation physique créée par le stimulus sexuel, ainsi des femmes se plaignant de troubles de l'excitation contrôlés par photoplétysmographie ont les mêmes signes physiques d'excitation que celles qui perçoivent leur excitation. Ainsi les nouvelles définitions internationales des troubles sexuels féminins, rapportées par Rosemary Basson différencient 3 troubles de l'excitation féminine (8) : trouble de l'excitation physique, trouble de l'excitation subjectif (avec conservation de tous les signes physiques, mais la femme ne perçoit pas son excitation) et un trouble combiné génital et subjectif.La sécheresse, perception subjective de la patiente, est le plus souvent corrélée à un aspect pâle et atrophique de la muqueuse vulvaire et vaginale, à une perte d'élasticité, à des sécrétions vaginales faibles lors de l'examen gynécologique.Ces causes sont essentiellement l'hypo-estrogénie transitoire comme dans le post-partum et l'allaitement, les suites d'infections à Candida, la prise de certains médicaments asséchants (acide tétrinoïque, antidépresseurs tricycliques, neuroleptiques). Et surtout l'hypoestrogénie de la ménopause ou celle, iatrogène, causée par la prise de tamoxifène après un cancer du sein, ou par les agonistes de la GnRH.

Les traitements de l'excitation sexuelle

Toutes ces causes transitoire, iatrogène ou définitive, nécessitent de privilégier une prise en charge étiologique pas toujours possible. Ainsi l'utilisation de lubrifiants sera souvent nécessaire pour améliorer le confort, permettre des relations sexuelles eupareuniques et ainsi ne pas augmenter le problème avec tous les cercles vicieux individuels qui vont s'installer (perte de féminité ressentie, donc perte de désir par peur des douleurs, problèmes conjugaux).Une éducation sur les modifications sexuelles avec l'âge devrait être dispensée par les gynécologues et les médecins généralistes. C'est assez simple et peu chronophage d'expliquer qu'un homme et une femme, l'âge avançant ont besoin de stimulations plus directes et plus longues pour obtenir une excitation satisfaisante. Sortir des stimulations routinières et courtes est une des nécessités de cet âge et peut être vécu comme une chance pour les couples anciens.Les rassurer en expliquant que ces problèmes sont fréquents et ont des solutions. Penser à poser des questions sur la sexualité pour les femmes à risque (ménopause, post chirurgie, dépression et maladie chronique).Les lubrifiants pour réduire l'irritation vaginale et vulvaire durant la stimulation et le rapport lui-même sont d'une aide incontournable.Des travaux montrent que des pénétrations régulières augmentent la lubrification (9).Les estrogènes locaux paraissent aussi efficaces pour les symptômes vaginaux que les traitements oraux (9).La sexualité féminine, dans la période de milieu de vie et après, est un nouveau champ d'intérêt pour de nombreux acteurs de la santé. Nous pensons que des travaux doivent continuer à éclaircir la compréhension de ces facteurs afin que la qualité de vie des femmes et leur bien-être s'améliorent, créant ainsi une meilleure qualité de vie sexuelle du couple.

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Source : 1. Louis Harris, janvier 2003. 2. Étude de Spira A., Bajos N. â€oeLes comportements sexuels en France”. La Documentation Française, 1993. 3. Laumann E.O., Païk A., Rosen R.C. â€oeSexual dysfunction in the United States : prevalence and predictors”. JAMA, 1999 ; 281 : 537-44. 4. Johannes A. USA, 1988. 5. Barlow et al., GB. 6. Lindal, Stefensen, 1989. 7. Castelo-Branco et al. Journal of Obstetrics and Gynaecology, 2003 ; vol. 23 (4). 8. Basson R., Leiblum S., Brotto L. et al. â€oeDefinitions of Women's sexual dysfunction reconsidered: advocating expansion and revision”. J. Psychosom. Obstet. Gynecol., 2003 ; 24 : 221-29. 9. Bachmann G.A., Leiblum S.R. â€oeThe impact of hormones on menopausal sexuality: a littérature review”. Menopause, 2004 ; 11 : 120-30.