Lipœdème : Camille Cerf lève le voile sur la "maladie des jambes poteaux"

Publié par Freya Yophy
le 07/05/2026
Lipooedme
Istock
Photo d'illustration
Longtemps confondu avec l'obésité, le lipœdème sort de l'ombre grâce au témoignage récent de Camille Cerf, révélant une maladie chronique qui touche près de 10 % des femmes et impose une errance médicale de 20 ans.
 

La récente prise de parole de l'ex-Miss France Camille Cerf met en lumière une affection méconnue : le lipœdème. Reconnue comme maladie par l'OMS depuis 2018, cette pathologie concerne entre 10 % et 11 % de la population féminine mondiale, soit environ 3,5 millions de Françaises

Ce dysfonctionnement n'est pas lié à un manque de volonté, et plonge les patientes dans une profonde détresse psychologique à cause d'un diagnostic tardif.

Comprendre l'accumulation graisseuse d'origine hormonale

Le lipœdème se caractérise par une accumulation anormale et symétrique de tissu graisseux sous-cutané. La maladie touche presque exclusivement les femmes, représentant 98 % des cas diagnostiqués. Les déclencheurs principaux correspondent aux grands bouleversements hormonaux : la puberté, la grossesse ou la ménopause.

Beaucoup de patientes s'interrogent sur l'inutilité de leurs efforts physiques. Contrairement à l'obésité classique, la graisse du lipœdème résiste aux régimes stricts et au sport intensif. La silhouette présente une disproportion marquée entre un buste mince et des membres inférieurs volumineux.

Identifier les douleurs et signes physiques caractéristiques

L'aspect esthétique cache une réalité physique très inconfortable. Le lipœdème engendre une hypersensibilité au toucher et une douleur à la pression, appelée allodynie. Les patientes décrivent une sensation de jambes en étau ou de lourdeur, des symptômes qui s'accentuent en fin de journée ou lors des fortes chaleurs. Une propension inhabituelle aux ecchymoses se manifeste aussi sans aucun choc préalable.

Pour différencier cette affection d'une simple cellulite ou d'un lymphœdème, les médecins recherchent le "signe du bracelet". L'accumulation graisseuse s'arrête net au-dessus des malléoles. Le pied reste intact, créant l'illusion d'une cheville étranglée par un bourrelet de graisse. Cette méconnaissance des symptômes entraîne une errance médicale estimée à 20 ans en France.

Découvrir les traitements actuels contre le lipœdème

La chirurgie représente-t-elle le seul moyen d'enrayer l'évolution ? Un traitement conservateur permet d'abord de stabiliser la maladie et de limiter l'œdème. Il associe le port de vêtements de compression rectiligne de classe 2 ou 3, des drainages lymphatiques manuels et l'adoption d'une alimentation anti-inflammatoire.

Pour retirer la graisse pathologique, la médecine propose la liposuccion assistée par jet d'eau (WAL) ou par ultrasons (Vaser). Ces techniques chirurgicales spécialisées préservent le système lymphatique. Les études récentes affichent une réduction moyenne des douleurs de 50 % un an après l'intervention. La Haute Autorité de Santé (HAS) réclame toutefois davantage de données scientifiques, et cette chirurgie reste non remboursée par la Sécurité sociale.

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