Journée mondiale Alzheimer 2026 : l’appel de France Alzheimer contre l’isolement

Publié par Freya Yophy
le 20/09/2026
isolement
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Photo d'illustration
À l’occasion de la Journée mondiale Alzheimer du 21 septembre 2026, France Alzheimer rappelle que la vie sociale ne doit pas s’arrêter avec le diagnostic. Face à l’augmentation attendue du nombre de malades, l’association demande des moyens durables pour accompagner les familles, développer les activités adaptées et soutenir la recherche.

La Journée mondiale Alzheimer du lundi 21 septembre 2026 se déroule cette année autour du thème « Avec vous, sur tous les terrains ». France Alzheimer souhaite ainsi combattre l’image d’une maladie qui condamnerait nécessairement au retrait de la vie sociale.

Selon les dernières estimations reprises par l’association, plus de 1,4 million de personnes vivent en France avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. En tenant compte des proches aidants, environ 3,5 millions de personnes voient leur quotidien directement bouleversé.

Plus de 2,3 millions de malades attendus en 2050

Sous l’effet du vieillissement démographique, le nombre de personnes malades pourrait dépasser 2,3 millions en France en 2050, soit une hausse d’environ 64 %. Cette projection récente remplace l’estimation de trois millions parfois avancée dans des publications plus anciennes.

France Alzheimer réclame donc une véritable planification des besoins : consultations mémoire, accueils de jour, solutions de répit, accompagnement à domicile et formation des professionnels. L’association demande également une surveillance épidémiologique nationale plus précise, les chiffres disponibles reposant encore largement sur des estimations européennes.

Son président, Joël Jaouen, connaît personnellement les difficultés rencontrées par les familles. Ancien aidant de son père, décédé en 2003, il a notamment témoigné des décisions douloureuses que les proches doivent parfois assumer seuls, comme l’arrêt de la conduite automobile.

Les malades jeunes confrontés à des dispositifs inadaptés

La maladie d’Alzheimer et les pathologies apparentées ne concernent pas uniquement les personnes très âgées. D’après les estimations actualisées citées par France Alzheimer, environ 55 000 personnes de moins de 65 ans seraient touchées en France.

Ces malades jeunes peuvent encore travailler, élever des enfants ou rembourser un logement au moment du diagnostic. Leur parcours se heurte pourtant à des dispositifs conçus principalement pour le grand âge. Les conséquences professionnelles, familiales et financières s’ajoutent alors aux troubles cognitifs.

France Alzheimer propose un suivi spécifique afin d’aider ces personnes à organiser leur projet de vie, dialoguer avec leur employeur, demander les aides adaptées et préserver autant que possible leur autonomie.

La Memo Run réunit les familles à Vincennes

En prélude à la Journée mondiale, la quatrième édition de la Memo Run s’est déroulée les 19 et 20 septembre 2026 sur l’Esplanade Saint-Louis, à Vincennes. Parrainée par la triple championne olympique Marie-José Pérec, la manifestation proposait des courses de 5 et 10 kilomètres, une marche solidaire et des parcours destinés aux enfants.

Au-delà de la collecte de fonds, l’événement poursuivait un objectif symbolique : montrer que les personnes malades et leurs proches peuvent continuer à pratiquer une activité, à rencontrer d’autres familles et à participer à la vie collective.

L’activité physique adaptée ne guérit pas la maladie et ne remplace pas le suivi médical. Elle peut néanmoins contribuer au maintien de la mobilité, de l’équilibre, du tonus musculaire et des liens sociaux.

Marche, gymnastique et tennis de table adaptés

Les séances proposées doivent être ajustées aux capacités de chaque personne. Elles peuvent se pratiquer debout ou assis et inclure la marche, la gymnastique douce, des exercices d’équilibre, la relaxation ou le tennis de table.

Cette dernière activité sollicite la coordination entre l’œil et la main, la perception de l’espace et la réactivité. Il serait toutefois excessif d’affirmer qu’elle ralentit à elle seule la maladie ou reconstruit les régions cérébrales atteintes. Son principal intérêt repose sur l’association entre mouvement, stimulation cognitive, plaisir et sociabilité.

Ces activités contribuent également à soulager les proches en leur offrant des moments partagés ou des temps de répit. Les cafés mémoire, groupes de parole et séjours adaptés permettent de rompre l’isolement et de mieux repérer l’épuisement de l’aidant.

Un réseau de 102 associations territoriales

France Alzheimer s’appuie sur 102 associations départementales et territoriales et près de 3 000 bénévoles. Ce réseau propose des formations, des permanences d’écoute, des activités physiques adaptées, des séjours de vacances-répit et des accompagnements personnalisés.

L’enjeu consiste à intervenir dès l’annonce du diagnostic, sans attendre que la famille se retrouve en situation de crise. Les proches doivent notamment être guidés dans les demandes d’APA, de PCH, d’aménagement professionnel ou de solution d’accueil.

Près de deux millions d’euros destinés à la recherche

L’association finance des projets en biologie, en recherche clinique, mais aussi en sciences humaines et sociales. Ses appels à projets ouverts en 2026 représentent une enveloppe globale de plus de 1,9 million d’euros. En 2025, plus de deux millions d’euros avaient permis de soutenir une vingtaine de projets et plusieurs dispositifs destinés aux jeunes chercheurs.

Ces recherches doivent améliorer la compréhension des mécanismes de la maladie, mais également la qualité de vie, la prévention et l’organisation de l’accompagnement. Aucun traitement ne permet aujourd’hui de guérir définitivement la maladie d’Alzheimer.

Une stratégie nationale qui doit être financée

France Alzheimer reconnaît l’importance de la stratégie nationale consacrée aux maladies neurodégénératives pour la période 2025-2030. L’association redoute néanmoins qu’elle reste une déclaration d’intention en l’absence de calendrier, de financements et d’indicateurs précis.

Son message pour cette Journée mondiale est clair : le diagnostic ne doit conduire ni à l’exclusion de la personne malade ni à l’abandon de son entourage. Garantir un accompagnement accessible sur l’ensemble du territoire devient une nécessité face à la progression annoncée de la maladie.

Sources

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