De l’importance d’avoir des cils contre le cancer du côlon

Publié le 06 Novembre 2014 par La Fondation ARC
La présence d’un cil à la surface des cellules de l’épithélium du côlon semblerait cruciale pour réguler la prolifération de ces cellules.Des chercheurs ont montré que l’absence d’une protéine est capable de désorganiser ce cil et ainsi d’accélérer le développement des tumeurs.
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Quand le développement du cancer colorectal s’accélère…

Les cancers colorectaux représentent la deuxième cause de mortalité par cancer en France. Leur évolution est le plus souvent lente : de petites tumeurs peuvent rester silencieuses de nombreuses années jusqu’à ce que le développement cancéreux s’accélère, menant à des situations parfois difficiles à prendre en charge. Deux équipes de chercheurs, soutenues par la Fondation ARC, ont fait la lumière sur un mécanisme cellulaire qui pourrait expliquer une telle accélération des événements.

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Le cil présent à la surface des cellules contrôle le développement cancéreux

Les équipes de Carsten Janke (Institut Curie, Orsay) et de Michael Hahne (Institut de génétique moléculaire de Montpellier) se sont intéressées à une structure cellulaire bien particulière - le cil primaire - qu’ils ont observée sur des cellules tapissant l’intérieur du côlon. Ces cils primaires sont des excroissances présentes à la surface de nombreuses cellules ; l’une de leurs fonctions serait de capter des signaux qui permettent de réguler la multiplication cellulaire.

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Les résultats des chercheurs indiquent que, dans les cellules épithéliales du côlon, en l’absence d’une protéine appelée TTLL3, le cil primaire disparaît. Ainsi privées de leur « antenne », les cellules se multiplient plus rapidement. Si cette sur-prolifération parvient à être compensée dans le côlon d’un organisme sain, il en est autrement lorsqu’une tumeur a commencé à se développer : l’absence de TTLL3 et donc des cils primaires sur les cellules cancéreuses du côlon se traduit alors par une accélération du développement tumoral.

Désireux de confronter leurs observations à la réalité clinique, les chercheurs ont alors mesuré la quantité de protéine TTLL3 dans des échantillons de tumeurs coliques de patients : plus elle était basse, plus la tumeur du patient était agressive.

La protéine TTLL3 pourrait ainsi constituer un potentiel marqueur d’agressivité des cancers du côlon.

Source : Fondation ARC - Rocha, C. et al ; Tubulin glycylases are required for primary cilia, control of cell proliferation and tumor development in colon; Embo Journal; Septembre 2014.
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