Grossesse : prendre soin de ses jambes, c’est vital

© Istock

Une grossesse, c’est neuf mois de joie, de symptômes plus ou moins gênants mais aussi une période à risque d’insuffisance veineuse et surtout - on l’oublie trop souvent- de phlébite voire d’embolie pulmonaire. C’est la seconde cause de décès maternel. Pour la prévenir, toutes les femmes enceintes devraient adopter un geste simple : enfiler des chaussettes de compression de classe 2. Pendant la grossesse, prendre soin de ses jambes, c’est prendre soin de sa santé.

PUB

800 000 femmes enceintes exposées au risque veineux

La grossesse est une période à haut risque veineux. En effet, le sang coagule plus facilement afin de limiter les hémorragies lors de l’accouchement. Cette hypercoagulabilité peut engendrer de potentiels caillots (thrombus) dans les membres inférieurs. Les veines ont tendance à se relâcher et à se dilater sous l’effet des hormones, rendant les valvules (clapets anti-retour veineux) moins efficaces. Et plus la grossesse avance, plus le fœtus compresse le retour veineux vers le cœur.

Le risque veineux comprend l’insuffisance veineuse mais aussi la maladie thromboembolique veineuse dont toutes les femmes enceintes devraient se préoccuper. Leurs jambes sont exposées au risque de thrombose veineuse profonde, plus connue sous le nom de phlébite des membres inférieurs et du pelvis. Le caillot formé au niveau d’une veine profonde de la jambe peut remonter jusqu’au poumon et c’est l’embolie pulmonaire, potentiellement mortelle.

La maladie thromboembolique veineuse est en augmentation constante depuis 10 ans parmi les femmes enceintes. Sur près de 800 000 femmes ayant accouché en 2013, 1570 ont développé une maladie thromboembolique veineuse*. Trente femmes en sont décédées entre 2007 et 2009 en France.

PUB
PUB

Certaines femmes sont plus à risque que d’autres, du fait de l’âge de la grossesse. L’âge idéal se situe entre 20 et 25 ans. Or en France, la première grossesse survient à 29 ans et 7 mois et de plus en plus souvent tardivement. La prise antérieure d’une contraception œstroprogestative, la sédentarité, le surpoids et le tabac sont les autres facteurs de risque.

Insuffisance veineuse et thrombose veineuse profonde : ne pas confondre

L’insuffisance veineuse est l’autre maladie de la grossesse. La dilatation et le relâchement des veines contribuent à l’augmentation du volume sanguin et à la stagnation du sang dans les membres inférieurs. Cela déclenche une cascade de réactions inflammatoires responsables de symptômes bien connus : jambes lourdes, et douloureuses, œdèmes, varicosités et varices.

Contrairement à ce que l’on pense, l’insuffisance veineuse superficielle est définitive, même si les varices disparaissent après la grossesse !

Dr Christelle Charvet, gynécologue obstétricien (Lyon) : « Insuffisance veineuse et thrombose veineuse profonde sont deux pathologies liées mais bien distinctes. La première peut affecter les deux jambes, les veines superficielles comme profondes, provoquant des douleurs et une gêne fonctionnelle ainsi que des varices chez une femme sur trois avec des séquelles veineuses et cutanées.

Pour sa part, la thrombose veineuse profonde touche une seule jambe dans 90% des cas et uniquement les veines profondes, sans aucun symptôme dans deux cas sur trois. Elle concerne une femme sur mille environ et a pour conséquences dramatiques une embolie pulmonaire et un syndrome post-thrombotique (détérioration importante du réseau veineux). Douleur au mollet, rougeur, chaleur sont des signes d’appel, mais souvent l’embolie pulmonaire ne prévient pas ».

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Lundi 07 Novembre 2016 : 11h56
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 11h47
Source : * www.invs.sante.fr/beh/2016/7-8/2016_7-8_6.htm
D’après une conférence de presse « 9 mois, mes jambes et moi » de Sigvaris (14/10/16), à l’occasion de sa campagne de sensibilisation (www.9moismesjambesetmoi.com), avec le concours du Dr Christelle Charvet, gynécologue obstétricien (Lyon).