Frelon asiatique en France : historique d’un fléau et nouveau plan de riposte

Publié par Freya Yophy
le 15/04/2026
frelon
Istock
Arrivé accidentellement il y a vingt ans, le frelon asiatique a conquis toute la France et menace désormais l'équilibre de nos écosystèmes, poussant les autorités à déployer un nouveau plan de lutte.
 

Cette espèce invasive perturbe gravement la biodiversité locale et met en péril l'apiculture française. Face à la multiplication des nids et aux risques de piqûres, une riposte structurée s'organise pour protéger les pollinisateurs et sécuriser les populations.

Comment une seule reine a colonisé l'Hexagone

L'invasion débute en 2004, lorsqu'une seule reine fécondée débarque à Agen, cachée dans des poteries importées de Chine. Ce passager clandestin a suffi pour déclencher une expansion exceptionnelle. L'insecte progresse de 60 à 80 km par an, envahissant progressivement chaque département métropolitain jusqu'à une occupation totale confirmée en 2024. 

Cette réussite s'explique par une excellente adaptation climatique et une absence initiale de prédateurs naturels sur le sol européen.

Un prédateur redoutable pour nos écosystèmes

Le cycle annuel de Vespa velutina nigrithorax s'accélère au printemps avec l'éveil des reines, pour atteindre son apogée en automne avec des nids hébergeant jusqu'à 13 000 individus. Pour nourrir cette colonie géante, le frelon consomme environ 11 kg d'insectes par saison, dont une écrasante majorité d'abeilles, de mouches et de guêpes. 

Devant les ruches, le vol stationnaire des frelons terrorise les abeilles européennes qui cessent de butiner, entraînant la mort de la colonie par famine. Fait fascinant, certaines abeilles asiatiques ont développé une parade en formant une boule thermique pour étouffer l'assaillant, une technique que nos pollinisateurs peinent encore à imiter.

Une méthode artisanale pour piéger les frelons

Le frelon asiatique, c’est quoi au juste ? Pour s’en protéger, certains apiculteurs ont développé des méthodes simples et accessibles. 

Dans le Nord, l’un d’eux utilise une recette efficace : un mélange composé de bière, de vin blanc et de sirop de grenadine. Cette préparation sucrée est versée dans un bocal fermé par une grille, conçue pour ne retenir que les frelons tout en laissant s’échapper les insectes plus petits.

Ce type de piège artisanal attire les frelons grâce aux odeurs fermentées et sucrées, tout en limitant les captures accidentelles. Facile à mettre en place, il constitue une solution complémentaire dans la lutte contre ce prédateur vorace, notamment au début du printemps lorsque les reines fondatrices sont les plus vulnérables

Risques pour l'homme et règles de piégeage

Si sa piqûre n'est pas intrinsèquement plus venimeuse que celle du frelon européen, la menace réside dans l'agressivité de la colonie en cas d'approche du nid. Consultez immédiatement un médecin en cas de piqûres multiples ou de réaction allergique. Pour limiter leur prolifération, le piégeage printanier des reines est recommandé. 

Cette méthode doit toutefois rester strictement sélective pour ne pas capturer d'autres insectes indispensables à la biodiversité. En cas de découverte d'un nid, la responsabilité de sa destruction incombe généralement au propriétaire du terrain ou à la mairie si la menace vise l'espace public.

Loi et financement pour sauver l'apiculture

La promulgation d'une nouvelle loi en mars 2025 marque un tournant législatif inédit. Le gouvernement déploie un plan national doté de 3 millions d'euros par an pour financer la recherche, organiser la formation et coordonner les actions locales. 

Ce montant suscite la colère des organisations apicoles. Ces dernières estiment les besoins réels à 110 millions d'euros pour compenser la perte des ruches et financer la destruction systématique des nids sur l'ensemble du territoire.

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