Franchises médicales : pourquoi les seniors pourraient payer jusqu’à 200 euros par an

Publié par Freya Yophy
le 06/08/2026
franchise medicale
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Le gouvernement prépare le doublement des plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires. Sans augmenter les retenues appliquées à chaque soin, cette réforme pourrait porter la facture maximale à 200 euros par an. Les seniors et les patients atteints de maladies chroniques seront les premiers concernés.

Le système de santé français s’apprête à connaître une nouvelle mesure d’économie particulièrement sensible. Le gouvernement veut doubler les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires. Cette réforme concernera surtout les personnes qui consomment régulièrement des médicaments, consultent fréquemment ou ont besoin de transports sanitaires.

Un reste à charge maximal porté à 200 euros

Le projet repose sur un principe présenté comme le « double 100 ». Le plafond annuel des franchises appliquées aux médicaments, aux actes paramédicaux et aux transports sanitaires passerait de 50 à 100 euros.

Parallèlement, le plafond des participations forfaitaires prélevées sur les consultations médicales, les examens radiologiques et les analyses de biologie passerait lui aussi de 50 à 100 euros. Au total, un assuré pourrait donc supporter un reste à charge maximal de 200 euros par an, contre 100 euros actuellement.

Les montants prélevés sur chaque soin ne changeraient pas. La franchise resterait notamment fixée à 1 euro par boîte de médicaments et par acte paramédical, tandis que la participation forfaitaire demeurerait de 2 euros par consultation ou examen médical. Ce sont uniquement les plafonds annuels qui seraient doublés.

Un décret est en cours de finalisation. Selon les informations communiquées par le gouvernement, son entrée en vigueur interviendrait deux mois après sa publication. En ce 6 août 2026, il est donc plus prudent d’évoquer une application possible à l’automne plutôt qu’une date déjà définitivement arrêtée.

Seniors et patients en ALD particulièrement exposés

Cette mesure touche particulièrement les seniors, dont la consommation de soins augmente avec l’âge. Les personnes de plus de 80 ans se font rembourser en moyenne 108 boîtes de médicaments par an. Elles pourraient ainsi atteindre à elles seules le nouveau plafond de 100 euros applicable aux franchises.

Les patients reconnus en Affection de longue durée sont également concernés. Contrairement à une confusion fréquente, la prise en charge à 100 % des soins liés à une ALD ne les exonère pas des franchises et des participations forfaitaires.

Pour les personnes suivant des traitements lourds, le plafond peut être atteint particulièrement vite. L’association RoseUp souligne notamment le poids des transports sanitaires répétés pour les patientes traitées contre un cancer du sein, par exemple lors d’un protocole quotidien de radiothérapie.

Ces sommes ne peuvent pas être remboursées par les complémentaires santé dans le cadre des contrats responsables, qui représentent l’immense majorité du marché. Elles restent donc directement à la charge du patient.

Médicaments et soins dentaires également dans le viseur

D’autres économies sont envisagées concernant les médicaments à service médical rendu faible, actuellement remboursés à 15 %, ainsi que les soins dentaires courants. Une baisse du taux de remboursement des médicaments concernés et un passage de 60 à 50 % pour certains actes dentaires ont notamment été évoqués.

Ces dispositions doivent toutefois être distinguées du doublement des plafonds. En ce début d’août 2026, elles ne sont pas encore entrées en vigueur selon les informations officielles disponibles. Il convient donc de les présenter comme des projets ou des pistes budgétaires, et non comme des mesures déjà applicables dès l’automne.

Si elles étaient adoptées, elles entraîneraient un transfert supplémentaire vers les complémentaires santé. Les organismes pourraient alors répercuter cette dépense sur leurs cotisations, un effet particulièrement sensible pour les retraités qui financent seuls leur mutuelle, contrairement aux salariés bénéficiant généralement d’une participation de leur employeur.

Qui restera exonéré ?

Le gouvernement estime qu’environ 18 millions de personnes continueront à échapper aux franchises et aux participations forfaitaires. Les principales catégories exonérées sont :

  • les mineurs ;
  • les femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et jusqu’au douzième jour après l’accouchement ;
  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ;
  • les bénéficiaires de l’aide médicale de l’État.

Pour les autres assurés, le montant réellement payé dépendra du nombre de médicaments délivrés, de consultations, d’examens, d’actes paramédicaux et de transports effectués dans l’année.

Malgré cette augmentation potentielle, il reste essentiel de ne pas interrompre un traitement et de ne pas repousser un suivi médical régulier. Le renoncement aux soins peut retarder un diagnostic et favoriser des complications nécessitant une prise en charge plus lourde.

Sources : 60 Millions de consommateurs, LCP – Assemblée nationale, Assurance Maladie.

 

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