Fourmillements dans la main la nuit : est-ce un syndrome du canal carpien ?
Pourquoi les fourmillements apparaissent-ils surtout la nuit ?
Vous vous réveillez au milieu de la nuit avec des picotements, une sensation de décharge électrique ou des doigts engourdis. Secouer la main ou la laisser pendre peut apporter un soulagement temporaire. Ces manifestations sont caractéristiques du syndrome du canal carpien, sans suffire à poser le diagnostic.[^1]
Au niveau du poignet, le nerf médian traverse un passage étroit, partagé avec les tendons fléchisseurs des doigts. Lorsque la pression augmente dans ce canal, le nerf peut être comprimé. Les troubles concernent surtout le pouce, l’index, le majeur et une partie de l’annulaire.[^2]
Le petit doigt est habituellement épargné. S’il présente lui aussi des fourmillements, il faut le signaler au médecin, qui recherchera une autre atteinte ou un problème associé.
Pendant le sommeil, garder le poignet plié peut augmenter la pression autour du nerf et favoriser les réveils. Les deux mains peuvent être concernées, à des moments différents.[^1][^3]
Femmes, gestes répétitifs, diabète : quels facteurs favorisent ce syndrome ?
Le syndrome du canal carpien est plus fréquent chez les femmes. La grossesse et la ménopause figurent parmi les circonstances favorisantes, mais il serait réducteur d’attribuer tous les symptômes à la seule baisse des œstrogènes.
Les troubles du canal carpien autour de la ménopause peuvent ainsi s’inscrire dans un ensemble de facteurs : anatomie du poignet, gestes répétés, efforts de préhension, vibrations ou maladie associée. Le diabète, l’hypothyroïdie et certains rhumatismes inflammatoires augmentent également le risque. Souvent, aucune cause précise n’est identifiée.[^2]
En France, 124 011 personnes ont été opérées en 2022, dont 61 % de femmes, selon Santé publique France. Ces chiffres concernent les patients ayant bénéficié d’une chirurgie, et non l’ensemble des personnes atteintes.[^4]
Comment le médecin confirme-t-il le diagnostic ?
La consultation commence par des questions sur les doigts concernés, les horaires des symptômes et les gestes qui les déclenchent. Le médecin examine ensuite la sensibilité, la force et les muscles de la base du pouce.
Il peut utiliser des manœuvres comme le test de Phalen, qui place le poignet en flexion, ou le signe de Tinel, recherché par une percussion douce au niveau du nerf. Ces tests peuvent reproduire les fourmillements, mais ne remplacent pas l’ensemble de l’examen.[^1][^5]
L’électroneuromyogramme, ou ENMG, n’est pas systématique dès la première consultation. Il mesure la conduction nerveuse, aide à préciser la gravité de l’atteinte et est notamment réalisé avant une intervention.[^1]
Lorsque les symptômes sont atypiques, d’autres examens peuvent être nécessaires pour rechercher une compression ailleurs, notamment au niveau cervical. L’ENMG ne permet donc pas d’écarter automatiquement toute autre cause.[^3]
Attelle et infiltration : soulager sans opérer
En l’absence de signe de gravité, le traitement commence généralement par des mesures conservatrices :
- Une attelle nocturne adaptée, qui maintient le poignet en position neutre. Elle est souvent prescrite pour une période d’environ trois mois.
- L’adaptation des activités, en réduisant les postures prolongées et les efforts qui déclenchent les symptômes. Le médecin du travail peut aider à aménager le poste.
- Une infiltration de corticoïdes, lorsque le médecin la juge indiquée. Son effet n’est pas immédiat et le soulagement peut rester temporaire.[^6]
Une amélioration des nuits ne dispense pas du suivi si les engourdissements persistent ou si la main perd de sa force.
Quand faut-il consulter rapidement ou envisager une opération ?
Prenez rapidement rendez-vous si vous lâchez régulièrement des objets, perdez de la force ou ressentez un engourdissement permanent. Une diminution visible du volume musculaire à la base du pouce doit également être évaluée. Une maladresse isolée ne prouve toutefois pas une atrophie musculaire.[^1][^3]
La chirurgie peut être proposée lorsque les traitements médicaux ne suffisent pas ou d’emblée en présence d’une atteinte sévère. Elle consiste à ouvrir le ligament qui ferme le canal pour diminuer la compression du nerf. L’intervention se déroule généralement en ambulatoire, par une incision classique ou une technique endoscopique.[^6]
La récupération dépend notamment de l’ancienneté et de la gravité de l’atteinte. Dans les formes avancées, elle peut rester incomplète, même après l’opération : mieux vaut consulter avant que la perte de sensibilité ou de force ne s’installe.[^3]
Sources
Assurance maladie, « Symptômes, diagnostic et évolution du syndrome du canal carpien », 5 mai 2025.
Assurance maladie, « Syndrome du canal carpien : définition, fréquence et causes », 29 janvier 2026.
Assurance maladie, « Traitement du syndrome du canal carpien », 5 mai 2025.