Fer et B12 : les causes cachées de carence que votre alimentation n'explique pas
La fatigue persistante, la pâleur ou des troubles de la concentration poussent souvent à revoir le contenu de son assiette. Pourtant, l'origine d'un déficit en fer ou en vitamine B12 est rarement aussi simple qu'un simple défaut d'apport.
Des mécanismes biologiques complexes, des pathologies sous-jacentes et même des traitements médicamenteux courants peuvent entraver l'absorption de ces nutriments essentiels, créant un déficit même avec une alimentation équilibrée. Comprendre ces causes cachées est la première étape pour identifier les personnes réellement à risque et agir de manière ciblée.
Une carence en fer et B12 peut être la conséquence d'une malabsorption, un processus insidieux où le corps ne parvient plus à assimiler correctement les nutriments. Alors que la fatigue et la pâleur sont des signes d'alerte communs, une carence en B12 peut aussi se manifester par des symptômes neurologiques, comme des fourmillements ou des troubles de l'équilibre.
Il est donc crucial de regarder au-delà des régimes alimentaires pour dépister les véritables origines de ces déficits.
Règles, grossesse, flexitarisme : qui sont les vrais profils à risque ?
Certaines périodes de la vie ou choix alimentaires exposent naturellement à un risque accru de carence. Pour le fer, les femmes en âge de procréer sont en première ligne, notamment en cas de règles abondantes, qui constituent la cause principale de déficit chez les femmes jeunes.
Les besoins sont également multipliés durant la grossesse et l'allaitement pour soutenir le développement du fœtus et la production de lait maternel. L'organisme doit alors puiser dans ses réserves, qui peuvent s'épuiser rapidement sans une vigilance particulière.
Du côté de la vitamine B12, les régimes alimentaires modernes redessinent la carte des risques. Exclusivement présente dans les produits d'origine animale, sa carence concerne historiquement les végétaliens et végétariens stricts. Mais l'émergence du flexitarisme, qui réduit la consommation de viande et de poisson, expose une nouvelle part de la population à un apport insuffisant.
Le danger est d'autant plus grand que les réserves hépatiques de B12 peuvent masquer un déficit pendant 3 à 5 ans, retardant le diagnostic. C'est pourquoi un dépistage préventif est recommandé chez toute personne modifiant durablement son régime alimentaire.
Quand l'estomac bloque tout : maladies et médicaments "voleurs" de vitamines
L'absorption du fer et de la B12 est un processus délicat qui dépend de la bonne santé du système digestif. Le fer est principalement assimilé dans la première partie de l'intestin grêle, tandis que la B12 a besoin d'une protéine appelée "facteur intrinsèque", produite par l'estomac, pour être absorbée à la fin de l'intestin.
Toute altération de ce parcours peut provoquer une carence. C'est le cas des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, comme la maladie de Crohn ou la maladie cœliaque, qui endommagent la paroi intestinale. De même, les chirurgies bariatriques ou les résections intestinales réduisent drastiquement la surface d'absorption.
L'âge et certains traitements médicamenteux sont également des facteurs de risque majeurs. Chez les seniors, la diminution de l'acidité gastrique complique la libération de la B12 des aliments.
De plus, des médicaments très courants, comme les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) contre le reflux gastrique ou la metformine pour le diabète, ont pour effets secondaires connus de réduire l'absorption de la B12.
D'autres traitements, comme l'aspirine ou les anti-inflammatoires pris au long cours, peuvent provoquer des micro-saignements digestifs invisibles, entraînant une perte de fer lente mais continue.
Des pièges méconnus aux solutions adaptées
Parmi les causes les plus surprenantes de carence en fer se trouve la géophagie, un trouble du comportement alimentaire caractérisé par l'ingestion compulsive de terre ou d'argile. Bien que rare, cette pratique est une cause reconnue d'anémie ferriprive. L'argile ingérée se lie au fer dans l'intestin, formant un complexe insoluble que le corps ne peut pas absorber.
Le phénomène crée un cercle vicieux, car la carence en fer elle-même peut intensifier cette envie de consommer de la terre.
Face à ces situations complexes, la supplémentation doit être personnalisée. Pour la vitamine B12, les comprimés oraux ou sublinguaux sont efficaces pour les déficits d'apport, comme chez les végétaliens ou les flexitariens. Les injections intramusculaires sont réservées aux cas de malabsorption sévère, comme la maladie de Biermer.
Pour le fer, la prise orale est souvent associée à de la vitamine C pour améliorer son assimilation. Cependant, en cas de maladie intestinale ou d'effets secondaires importants, le recours au fer intraveineux s'impose, une solution également privilégiée dans les cas d'insuffisance cardiaque où l'inflammation chronique perturbe l'absorption intestinale.
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