Faut-il abolir claques et fessées ? Interview du Dr Edwige Antier

Pensez-vous qu’une loi interdisant fessées et claques serait possible et efficace en France ?

Dr Edwige Antier : La loi est indispensable pour que personne ne frappe les enfants. La France sera obligée d’abolir les châtiments corporels par la loi car elle a signé la convention internationale des Droits de l’enfant devant le Conseil de l’Europe.

Quel a été l’effet de cette loi dans les pays qui l’ont adoptée ?

Dr Edwige Antier : La loi a été votée depuis 30 ans en Suède, mais elle continue d’être adoptée par un nombre de plus en plus grand de pays européens, aussi bien scandinaves que latins : l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne comme la Pologne… Dès lors, les parents et leurs auxiliaires éducatifs comprennent qu’on ne peut pas lever la main sur un enfant et qu’il y a d’autres façons d’avoir de l’autorité ; des programmes de parentalité positive sont donnés dans toutes les structures d’aides à la parentalité.

Edicter l’abolition par la loi permet de calmer la violence éducative ordinaire, indigne d’une société évoluée, et, bien sûr, d’enlever le prétexte aux adultes maltraitants : la maltraitance véritable est mieux dépistée.

Il n’y a pas de "petites calques ". Toutes les violences, même celles qui sont banalisées ou tolérées par notre société, peuvent avoir des répercussions importantes en termes de santé, avec des troubles du développement, de la personnalité, du comportement, de l’apprentissage, etc.

Pour en savoir plus et savoir comment exercer son autorité sans fessées ni violences verbales : www.edwigeantier.org

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Source : Interview du Dr Edwige Antier, médecin-pédiatre et auteur en 2010 de « L'autorité sans fessées », Editions Robert Laffont.