Euthanasie: un colloque à l'Assemblée ne résoud pas le problème
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Une proposition de loi en France

En France, le député PS Jean-Pierre Michel a présenté vendredi 25 janvier, à l'occasion du colloque, une proposition de loi pour « le droit de mourir dans la dignité ». Elle vise à « dépénaliser l'aide apportée à mourir sur la demande expresse de la personne concernée » et définit les cas dans lesquels une aide à mourir pourra être apportée au malade:

  • La maladie du patient doit être « incurable et laisser prévoir un décès à échéance de moins de trois mois ».
  • Le malade doit avoir consigné sa volonté par écrit avant d'être atteint par la maladie. Cette volonté devra être confirmée verbalement.
  • Enfin, l'acte ne pourra être accompli que par un médecin.

En France, le député PS Jean-Pierre Michel a présenté vendredi 25 janvier, à l'occasion du colloque, une proposition de loi pour « le droit de mourir dans la dignité ». Elle vise à « dépénaliser l'aide apportée à mourir sur la demande expresse de la personne concernée » et définit les cas dans lesquels une aide à mourir pourra être apportée au malade:

Un véritable débat

Pour Jean-Pierre Michel, cette loi ne se soustrairait pas à la loi de 1999 qui vise à garantir aux malades le droit d'accès aux soins palliatifs, mais viendrait au contraire en complémentarité. De son côté, l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) fait ressortir que l'interdiction qui frappe actuellement l'euthanasie peut inciter à des pratiques clandestines et favoriser les dérives. Par ailleurs, selon un sondage Sofres, 86% des Français seraient favorables à l'euthanasie.Mais d'autres voix se font entendre. Marie Hennezel, par exemple, psychologue ayant accompagné François Mitterrand dans ses derniers instants, attire l'attention sur l'importance à faire preuve de discernement dans l'interprétation de la volonté du malade. Pour elle, la volonté de mourir peut être exprimée à l'occasion de souffrances et ne traduire alors que « l'angoisse de mourir seul ou dans d'atroces souffrances ». Mais la volonté de vivre peut resurgir à un autre moment. D'aucun ont tout simplement du mal à envisager cet acte, qu'ils considèrent comme une transgression de la vie. D'autres encore pensent que les souffrances et la diminution liées à la maladie ne suffisent pas à rendre une personne indigne de vivre.Bref, la question est encore loin d'être tranchée en France. Cette proposition de loi ne pourra d'ailleurs pas être prise en compte lors de la session parlementaire en cours. Et pour le moment, même si le ministre de la santé reconnaît que la France est en retard dans ce domaine, il juge cependant que le débat doit encore être poursuivi entre soignants et soignés. Pour l'heure, il souhaite continuer à développer les soins palliatifs, notamment en prenant mieux en charge la douleur et en aidant les gens à mourir chez eux, plutôt qu'à l'hôpital.

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