Epicondylite : le revers de la lithotripsie

Après avoir fait ses preuves dans le traitement des calculs urinaires, la lithotripsie extracorporelle est entrée dans le domaine de la rhumatologie. Largement utilisée dans la prise en charge de l'épicondylite, cette technique se révèle cependant inefficace.
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La lithotripsie extracorporelle vise à pulvériser à distance des calculs urinaires, les fragments étant ensuite éliminés naturellement dans les urines. Sans hospitalisation dans la plupart des cas, elle emploie des ultrasons et le calcul est repéré par échographie. Son utilisation s'est par la suite élargie aux calculs rénaux, vésiculaires et aux calculs du cholédoque.

Depuis, cette technique a été reprise en rhumatologie et a même connu un regain d'intérêt, notamment en cas de calcifications de l'épaule et de talalgies. Il en est de même dans la prise en charge de l'épicondylite.

Le tennis Elbow, ou épicondylite, correspond à une inflammation des tendons situés au niveau du coude. Il est généralement dû à une utilisation trop intense des muscles de l'avant-bras, telle que celle qui peut se produire lorsqu'on joue au tennis, d'où son nom. Il se traduit par une douleur au niveau de la partie externe du coude pouvant interdire certains mouvements. Ces symptômes régressent spontanément au bout de 6 mois à un an dans la plupart des cas. Le traitement consiste à mettre l'articulation au repos et donc à cesser la pratique du sport ou de l'activité mise en cause. Mais pour réduire la douleur, des anti-inflammatoires par voie orale ou bien sous forme de pommade peuvent être employés, ainsi que des massages. Cependant, en cas de douleur persistante, des infiltrations locales de corticoïdes sont utilisées. On recourt également à la lithotripsie extracorporelle.

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Mais dans l'indication précise du tennis Elbow, l'efficacité de cette dernière thérapeutique n'a jamais été démontrée scientifiquement. C'est maintenant chose faite grâce à une enquête portant sur 272 patients. Au terme de 12 semaines après l'application du traitement, aucune différence significative n'a permis de différencier la lithotripsie extracorporelle du placebo, avec environ 25% de bons résultats dans les deux groupes. Il en a été de même au bout de 12 mois de suivi. Ce résultat tend à remettre en question une méthode de traitement qui était pourtant en passe de conquérir bon nombre de rhumatologues.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 19 Février 2003 : 01h00
Source : Haake et coll., J. Bone Joint Surg., 84A : 1982, 2002.