La dystonie du musicien, un tueur silencieux !

Angoisse de la page blanche, atteinte des cordes vocales, crampe des écrivains… nombreuses sont les pathologies spécifiques aux artistes. Certaines sont prouvées, d'autres non. Mais la dystonie des musiciens, elle, ne constitue aucunement une vue de l'esprit. Ses conséquences peuvent même s'avérer très graves ! A tel point qu'une consultation spécialisée a été mise en place pour les musiciens.
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La majorité des musiciens sont touchés par des difficultés médicales

Une étude a montré que 76% des musiciens signalent une difficulté médicale susceptible d'altérer leur carrière. Le membre supérieur est atteint dans 77,5% des cas. On distingue le syndrome de surmenage et la dystonie de fonction*. Cette dernière consiste en un trouble moteur d'intensité variable caractérisé par la contraction involontaire de certains muscles, fixant un segment ou un membre entier dans une attitude particulière. Ce trouble touche environ un musicien sur cinq.

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Les musiciens consultent trop tardivement

Un tiers des musiciens atteints parle d'une modification de la technique employée ou du rythme de travail instrumental dans les mois qui précèdent la survenue de la gêne. Mais, en général, les musiciens consultent quand les symptômes sont installés depuis des années. Ceux-ci, du reste, pouvant apparaître chez des sujets très jeunes, dès le conservatoire. Cette consultation tardive s'explique, notamment, par le fait que la dystonie de fonction est marquée par une absence de douleur. De plus, les musiciens pensent contrôler le phénomène en modifiant leurs habitudes techniques. Enfin, nombre d'artistes sont en situation de précarité - c'est le problème bien connu des intermittents - et évitent de laisser apparaître le trouble dont ils souffrent, jusqu'au moment où ils ne peuvent plus jouer, hélas.

Publié par Dr Ange Mathieu Mezzadri le Lundi 24 Avril 2006 : 02h00
Source : HOPE