Dopage : les ongles en disent plus long que les urines

Alors que les urines des athlètes ne permettent de détecter la présence de produits dopants que quelques semaines avant les compétitions, des chercheurs britanniques viennent de développer une nouvelle technique fondée sur l'analyse de morceaux d'ongle de pied. Ces derniers sont capables de conserver des traces de substances dopantes jusqu'à un an ou plus avant la compétition. Déjà testée chez des toxicomanes, cette méthode innovante a permis de mettre en évidence des résidus d'héroïne ou de cannabis.
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Une croissance très lente et bien d'autres avantages

Pour les spécialistes de médecine légale, les ongles de pied ont l'avantage de pousser très lentement: leur croissance est de 1,1 millimètres par mois, soit 3 à 5 fois moins que celle des ongles des mains ! Ainsi, très stables sur le plan chimique, les substances incorporées dans la kératine des ongles de pied peuvent y être détectées très longtemps après leur absorption. De plus, stoker des échantillons d'ongles, à température ambiante et dans des sacs plastiques, est particulièrement simple et durable. Et enfin, leur analyse n'expose pas aux biais ethniques car elle n'est pas influencée par la mélanine, pigment responsable de la couleur de la peau.

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Des tests réalisés avec succès

Ayant connaissance de ces multiples avantages, des chercheurs britanniques ont étudié des bouts d'ongle de pied provenant de 9 hommes volontaires consommateurs habituels de cannabis. Après pulvérisation des échantillons ou extraction des substances contenues dans les fragments d'ongle, les auteurs ont réussi à détecter puis à quantifier le métabolite du cannabis. Un autre essai portant sur 9 femmes et 7 hommes sains a permis de mesurer les concentrations de deux stéroïdes (testostérone et prégnénolone, des hormones dopantes hélas aujourd'hui bien connues du grand public).

Analyser des bouts d'ongle de pied afin d'identifier des produits dopants lors d'expertises médico-légales, semble donc aujourd'hui parfaitement réalisable. Les substances recherchées sont détectables à partir d'un morceau d'ongle dans un délai d'au moins 30 jours. Une technique d'avenir qui pourra peut être contribuer à faire reculer le dopage !

Publié le 16 Juillet 2001
Auteur(s) : Rédaction E-sante.fr