DMLA : une nouvelle molécule pourrait protéger la vision

Publié par Freya Yophy
le 03/06/2026
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Photo d'illustration
Face à la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une percée scientifique de l'université de Fribourg impliquant la molécule CA77.1 promet de réactiver le nettoyage des cellules oculaires pour freiner la perte de vision.

La dégénérescence maculaire liée à l'âge représente la première cause de perte de vision après 50 ans dans les pays industrialisés. Avec le vieillissement de la population globale, les cas recensés pourraient doubler d'ici 2040. Cette maladie oculaire détruit progressivement le centre de la rétine, rendant la lecture ou la reconnaissance des visages impossibles. Une récente découverte internationale ouvre cependant la voie à des traitements inédits pour sauvegarder la santé visuelle.

Quand l'œil ne parvient plus à éliminer ses déchets

Les cellules de l'épithélium pigmentaire rétinien (EPR) figurent parmi les éléments les plus actifs du corps humain. Pour garantir une vision nette et précise, elles agissent comme une usine de traitement en éliminant en permanence leurs propres composants usagés. Après 50 ans, ce mécanisme complexe d'autophagie (le nettoyage cellulaire naturel) décline irrémédiablement.

Les déchets protéiques finissent par s'accumuler et asphyxient l'œil. Ce stress cellulaire intense déclenche l'inflammation et détruit progressivement les photorécepteurs. Ce processus caractérise la forme sèche de la DMLA, une variante particulièrement agressive et complexe à soigner car elle ne bénéficie d'aucun traitement curatif définitif à ce jour.

CA77.1 : la molécule qui relance le recyclage

Une équipe internationale coordonnée depuis la Suisse par la professeure Patricia Boya vient de changer la donne. Leurs travaux collaboratifs mettent en lumière l'action d'une substance inédite : la molécule CA77.1. Cette dernière cible spécifiquement un processus très précis nommé autophagie médiée par les chaperonnes (CMA).

En pratique, cette molécule aide les protéines "chaperonnes" à capturer les toxines accumulées. Elle les escorte ensuite vers les lysosomes, les véritables centres de destruction et de recyclage de la cellule oculaire. Les expérimentations menées démontrent une baisse significative de l'inflammation locale et une meilleure survie des cellules rétiniennes.

Une piste prometteuse, mais encore expérimentale

Si les résultats observés en laboratoire sont encourageants, la molécule CA77.1 n'a pas encore été testée à grande échelle chez l'être humain. Les prochaines études devront confirmer son efficacité, sa sécurité d'emploi et sa capacité à ralentir réellement l'évolution de la DMLA chez les patients. Comme pour de nombreuses innovations en ophtalmologie, plusieurs années pourraient encore être nécessaires avant une éventuelle mise à disposition du grand public.

Des essais cliniques espérés très prochainement

Cette avancée majeure résulte d'une synergie scientifique mondiale associant étroitement des laboratoires suisses, espagnols et américains. Publiés en juin 2026, ces résultats précliniques redéfinissent entièrement la prise en charge de la dégénérescence visuelle. L'objectif thérapeutique évolue drastiquement : il s'agit de stimuler une véritable régénération de la santé cellulaire plutôt que de simplement masquer l'évolution des symptômes.

La molécule CA77.1 cherche avant tout à stopper la progression inexorable de la maladie, même si la restauration d'une vue déjà perdue reste un défi scientifique immense. Les chercheurs préparent activement les premières phases de tests cliniques sur l'homme. Les patients attendent désormais de connaître les délais réels avant une mise sur le marché public de ce traitement prometteur.

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