Diabète: mieux vaut être fort en maths!

Publié le 15 Juillet 2008 à 2h00 par Julie Luong, journaliste santé
Diabétiques, à vos tables de multiplication! Une récente étude montre que les diabétiques peu enclins aux mathématiques sont aussi ceux qui contrôlent le moins bien leur diabète. Un lien étonnant? Pas forcément.
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Contrôle de math

Maladie chronique, le diabète touche 5% de la population francaise. Demandant un contrôle constant au niveau de l'alimentation et du traitement, le diabète requiert aussi une collaboration étroite entre médecins et patients. En effet, gérer une maladie chronique se ne réduit pas à prendre ses médicaments au bon moment. Dans le cas du diabète, il s'agit de surveiller son alimentation au jour le jour mais aussi, pour les diabétiques de type 1 et certains diabétiques de type 2, de contrôler régulièrement son taux de glycémie (taux de sucre dans le sang). Ce contrôle est effectué à l'aide d'un appareil d'automesure (qui donne la mesure de la glycémie à partir d'une goutte de sang prélevée à la pulpe du doigt) et permet d'adapter les doses d'insuline en fonction des résultats.

Les bons élèves mieux armés

Une étude a montré que les patients qui n'étaient pas très bons en calcul étaient aussi ceux qui contrôlaient le moins bien leur diabète. Ces patients présentaient par ailleurs peu de comportements d'autogestion et une estime plus faible de leur propre efficacité. Chez ces patients, les faibles capacités en calcul étaient aussi couplées à de moins bonnes aptitudes de lecture et d'écriture. Les bons élèves seraient-ils donc mieux armés contre le diabète ? Certainement, car s'il n'est pas nécessaire d'être un génie des chiffres ou d'avoir la fameuse "bosse", un patient capable de calculer le nombre de calories qu'il y a dans un paquet de chips est déjà un "bon" patient ! De même, interpréter correctement les données de l'automesure lui permettra d'adapter correctement sa dose d'insuline ou, au besoin, de rectifier le tir au niveau de ses habitudes alimentaires. Des choses simples en apparence mais que nous sommes peu nombreux à devoir exploiter dans notre vie quotidienne, au contraire du diabétique auquel aucune erreur n'est permise…

Des contraintes importantes

Gérer son diabète ne serait donc pas si simple qu'il y paraît… ce dont n'a pas toujours conscience l'entourage du patient diabétique. Préoccupé par la santé de son proche, la famille a souvent l'impression que le patient ne fait pas suffisamment attention à son alimentation, se traite mal ou n'est pas assez prudent. Mais il ne s'agit souvent que d'une impression ! La plupart des diabétiques savent en quoi consiste leur maladie et quels en sont les risques. Par contre, devoir surveiller 7 jours sur 7 son alimentation, calculer plusieurs fois son taux de glycémie, veiller à prendre toujours avec soi son matériel d'injection n'est pas toujours facile à accepter…...

Cours de rattrapage

Quand se couplent à ces contraintes des difficultés pratiques (calcul de l'apport en glucides et calories, lecture de l'automesure…), on comprend que la vie quotidienne d'un diabétique n'a rien d'une sinécure. Un point qui doit amener l'entourage à soutenir le patient et, si besoin est, à lui apporter son aide dans la gestion de la maladie. Le rôle du médecin est ici aussi très important. Le patient doit pouvoir lui (re)demander des explications, lui parler de ses difficultés à gérer la maladie au quotidien et ébaucher avec lui des solutions. Car, comme dans toute maladie chronique, l'efficacité du traitement du diabète est étroitement liée à la confiance réciproque entre médecin et patient. Alors, si vous n'êtes pas fort en maths, dites-le-lui… !