Dépistage du cancer de la prostate : dosage PSA et toucher rectal

Publié le 14 Septembre 2009 à 2h00 par Dr Philippe Presles
Un Francais sur deux a déjà effectué un test de dépistage du cancer de la prostate. Dans la grande majorité des cas, il repose sur un dosage du PSA répété tous les ans. Le toucher rectal, lui, est beaucoup plus rare. Le dépistage du cancer de la prostate peut être réalisé à la demande du patient, mais il l'est plus souvent sur proposition du médecin. Mais qu'en est-il réellement de ce dépistage du cancer de la prostate ? Quelles sont les recommandations ?
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Que faut-il savoir sur le cancer de la prostate ?

Selon les prévisions 2011 de l’Institut de veille sanitaire (InVS), avec 71.000 nouveaux cas, le cancer de la prostate reste de loin le cancer le plus fréquent chez l’homme, devant le cancer du poumon (27.500 cas) et le cancer colorectal (21.500 cas).

Le cancer de la prostate est une maladie grave, mais qui n'entraîne pas toujours la mort.

En effet, il évolue le plus souvent lentement, parfois pendant plus de 10 ans. De ce fait, un décès dû à une autre cause peut survenir pendant cette évolution prolongée.

Par ailleurs, il faut savoir qu'en cas de cancer avéré, les différentes options thérapeutiques présentent leurs avantages et leurs inconvénients qui doivent bien être expliqués au patient (troubles sexuels, urinaires, digestifs).

Que faut-il savoir sur le dépistage du cancer de la prostate ?

Le dépistage du cancer de la prostate , lequel repose sur le toucher rectal et le dosage du PSA, permet de détecter des tumeurs très agressives et d’augmenter les chances de guérison.

Attention toutefois, une valeur normale de PSA n'est pas une certitude de l'absence de cancer de la prostate. En effet, il existe des faux négatifs (la valeur du PSA est normale alors qu'il y a un cancer). L'inverse est également possible : un taux de PSA élevé ne signifie pas qu'il y ait obligatoirement un cancer (hypertrophie de la prostate, infection).

Au final, un cancer ne sera affirmé avec certitude qu'après des biopsies prostatiques, pouvant exposer à certains inconvénients (perte de sang dans les urines et le sperme, risque d’infections, de rétention urinaire, possibilité de faux négatifs).

Il faut savoir que le dépistage met aussi en évidence des tumeurs peu agressives, qui seraient restées silencieuses encore longtemps, et qui ne nécessitent donc pas forcément de traitement.

Autrement dit, le dépistage d’une tumeur ne signifie pas forcément la mise en place d’un traitement, lequel peut entraîner des effets indésirables.

Quelles sont les recommandations ?

La question du dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage PSA reste controversée.

Le dépistage est donc individuel et les hommes doivent être clairement informés des avantages et des inconvénients (faux positifs, faux négatifs, effets secondaires des traitements, taux de guérison, etc.). Il faut donc s’en entretenir avec son médecin traitant, peser le pour et le contre afin d'évaluer le bénéfice attendu par rapport au risque pris.

On retiendra que les autorités françaises ne recommandent pas le dépistage du cancer de la prostate de façon systématique à tous les hommes de la population française. Il ne s’adresse donc qu’à ceux qui présentent des facteurs de risque.

Quelles sont les facteurs de risque de cancer de la prostate ?

  • Les antécédents familiaux decancer de la prostate (le risque est d'autant plus grand que le nombre de parents proches ayant eu un cancer de la prostate est élevé et que ces cancers ont été détectés avant 65 ans).
  • Une origine africaine ou antillaise.
  • L'âge : entre 55 et 69 ans.
Source : Dossier de presse, Journée de la Prostate, 15 septembre 2009. (1) M. Roobol, Eur Urol, 2009.