Dénutrition : conseils pour aider les personnes âgées

Publié le 15 Septembre 2008 à 2h00 par Rédaction E-sante.fr
Maladie, solitude ou dépression sont autant de troubles qui contribuent à la dénutrition des personnes âgées. A domicile ou en institution, cette situation de dénutrition est très fréquente. Alors comment dépister la dénutrition et comment aider les personnes âgées à se nourrir suffisamment ?
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Dénutrition : à dépister très régulièrement

La dénutrition est une situation fréquente chez les personnes âgées. En France, 350.000 à 500.000 personnes âgées vivant à domicile sont dénutries, et quelque 100.000 à 200.000 vivant en institution. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, la fréquence de cette affection devrait encore s'accroître. Afin de favoriser le dépistage de la dénutrition, la Haute autorité de santé (HAS) a formulé des recommandations. Soulignons que la prise en charge nutritionnelle (ou renutrition) est d'autant plus efficace qu'elle est mise en Œuvre précocement.

Recommandations pour le dépistage

Chez les personnes âgées vivant à domicile, le dépistage de la dénutrition est à entreprendre au minimum une fois par an, par le médecin traitant ou tout autre médecin qui suit la personne âgée. Pour les personnes en institution, le dépistage est recommandé à l'admission puis une fois par mois et lors de toute hospitalisation. Le dépistage repose sur la mesure du poids, son évolution par rapport à un poids antérieur de référence, le calcul de l'indice de masse corporelle, l'évaluation des apports alimentaires et la recherche de situations à risque de dénutrition. Ces dernières sont extrêmement nombreuses et variées : maladies (chroniques, infectieuses, inflammatoires…), malabsorption, douleur, traitements médicamenteux, deuil, isolement social, régime (sel, cholestérol, diabète…), démence, troubles de la vigilance, dépression, troubles du comportement, pathologie ORL, digestives, troubles bucco-dentaires, dépendance, etc.

Prise en charge

En première intention, le traitement repose sur la prise en charge des situations à risque de dénutrition. Viennent ensuite les conseils nutritionnels, l'aide à la prise alimentaire, l'alimentation enrichie et les compléments nutritionnels. La nutrition entérale (en perfusion) n'est envisagée qu'en cas d'impossibilité ou d'insuffisance de la nutrition orale.

Conseils nutritionnels

  • Faire plusieurs petits repas par jour plutôt que des gros.
  • Augmenter la fréquence des prises alimentaires dans la journée.
  • Privilégier des produits riches en énergie et/ou en protéines.
  • Privilégier les plats à base d'Œufs, de lait, de fromage et faciles à manger comme les gratins, les riz au lait, etc.
  • Ajouter du lait en poudre (2 cuillères à soupe par repas) dans les potages, les purées.
  • Proposer des repas adaptés aux goûts de la personne.
  • Organiser une aide au repas (technique et/ou humaine).
  • Favoriser un environnement agréable pour la prise des repas.
  • Les compléments oraux hypercaloriques, hyperprotidiques, sont recommandés en collation dans la matinée, dans l'après-midi et toujours à distance des repas.

Parallèlement, il convient de soulager les symptômes altérant l'envie ou le plaisir de manger tels que les douleurs et les nausées. Et enfin de vérifier le maintien d'un bon état buccal et de programmer si nécessaire des visites chez le dentiste.

Source : Recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), " Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée ", avril 2007.