Cortisone et peau : quels effets secondaires surveiller ?

Publié par Audrey Vaugrente
le 25/01/2018
Maj par Freya Yophy
le 22/10/2026
effet cortisol
Istock
Indispensables contre l’eczéma et certaines maladies inflammatoires, les corticoïdes peuvent aussi fragiliser la peau. Le risque dépend notamment de leur puissance, de la durée du traitement et des zones concernées. Comment reconnaître les effets indésirables et utiliser ces médicaments correctement ?

Crème ou comprimés : des risques à distinguer

Le terme « cortisone » désigne couramment plusieurs médicaments anti-inflammatoires. Appliqués sur la peau, les dermocorticoïdes existent sous forme de crèmes, de pommades ou de lotions. Ils permettent notamment de soulager les démangeaisons de l’eczéma.

Leurs risques ne sont pas identiques à ceux d’une corticothérapie par voie orale, qui agit dans l’ensemble de l’organisme. Pour une crème, la puissance du produit, la surface traitée et la durée d’utilisation comptent davantage qu’une simple mention « à la cortisone ».

Respecter l’ordonnance protège aussi contre le sous-traitement : appliquer trop peu de produit par peur des effets secondaires peut laisser persister l’inflammation et les lésions de grattage.

Peau amincie, vergetures, boutons : les effets possibles

L’utilisation prolongée d’un dermocorticoïde puissant peut entraîner des modifications sur les zones traitées :

  • Une peau plus fine et fragile, avec de petits vaisseaux plus visibles ou des bleus plus faciles.
  • Des vergetures, notamment dans les plis, qui peuvent persister.
  • Des boutons ou une inflammation des follicules pileux.
  • Un éclaircissement localisé de la peau ou une augmentation de la pilosité.

Ces manifestations ne surviennent pas systématiquement. Leur apparition doit conduire à faire réévaluer le traitement, sans modifier seul les doses.

Le risque augmente notamment lorsque le produit est appliqué longtemps sur une zone fragile ou recouvert d’un pansement occlusif. N’enveloppez donc pas une zone traitée dans du film plastique sans prescription.

Sur le visage, un traitement possible mais adapté

Contrairement à une idée répandue, la cortisone n’est pas systématiquement interdite sur le visage. Un médecin peut en prescrire pour certaines poussées d’eczéma, en choisissant une puissance et une durée adaptées.

En revanche, la peau des paupières et des plis demande une vigilance particulière. Une crème prescrite pour le corps ne doit pas être réutilisée spontanément sur le visage.

Les dermocorticoïdes ne constituent pas non plus un traitement de l’acné ou de la rosacée. Leur utilisation inappropriée peut aggraver ces maladies ou provoquer une éruption autour de la bouche. Une rougeur persistante nécessite donc un diagnostic, plutôt que l’essai d’un ancien tube.

Infection cutanée : ne pas improviser le traitement

Une crème corticoïde utilisée seule sur certaines infections, comme un herpès ou une mycose, peut masquer les symptômes ou aggraver leur évolution. Il faut éviter l’automédication devant une lésion nouvelle dont la cause reste inconnue.

Un eczéma surinfecté représente toutefois une situation différente. Le médecin peut maintenir le dermocorticoïde pour contrôler l’inflammation, avec un traitement anti-infectieux si nécessaire. Les antibiotiques ne sont pas systématiques, notamment en l’absence de signes généraux.

Une aggravation rapide, des vésicules douloureuses ou une fièvre justifient une consultation rapide.

La bonne quantité ne se mesure pas toujours avec un petit pois

La dose dépend de la surface à traiter. Pour guider l’application, les professionnels utilisent l’unité phalangette : un ruban de crème déposé sur la dernière phalange de l’index d’un adulte, du pli jusqu’au bout du doigt.

Cette quantité permet de couvrir approximativement une surface équivalente à deux mains adultes à plat, doigts joints. Le médecin ou le pharmacien peut montrer le geste et préciser les quantités adaptées, notamment chez l’enfant.

Pour de nombreuses poussées d’eczéma, une application quotidienne suffit, mais la prescription reste la référence. Une couche très épaisse n’améliore pas nécessairement l’efficacité.

En complément, un émollient adapté aide à soulager la sécheresse et les démangeaisons, sans remplacer le traitement anti-inflammatoire des poussées.

Arrêter la cortisone : des règles différentes selon le traitement

Un traitement oral prolongé ne doit jamais être interrompu brutalement de sa propre initiative. Les corticoïdes peuvent freiner la production naturelle de cortisol ; le médecin organise donc leur diminution lorsque cela est nécessaire. Les cures courtes n’imposent pas toutes une décroissance.

Pour les crèmes, suivez également le calendrier prescrit. Après une utilisation très fréquente et prolongée, une rougeur intense accompagnée de brûlures à l’arrêt mérite un avis médical. Il ne faut ni reprendre indéfiniment le produit seul, ni supporter une aggravation en pensant qu’elle disparaîtra forcément en quelques jours.

Sources

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Manifestations cutanées, cortisone-info.fr 

Définition de la cortisone, dermato-info.fr

Hydrocortisone : skin creams for face, body and scalp, NHS

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