Cœur des femmes : les 4 étapes de vie à surveiller pour mieux prévenir l’infarctus
En France, 72 078 femmes sont décédées de maladies de l’appareil circulatoire en 2023, soit plus de cinq fois le nombre de décès féminins par cancer du sein. Ce bilan englobe notamment les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux : il ne concerne donc pas uniquement les infarctus.
Pour améliorer la prévention, quatre sociétés médicales américaines, dont l’American Heart Association et l’American College of Obstetricians and Gynecologists, publient le 26 octobre 2026 plusieurs textes dans Circulation. Leur proposition : suivre la santé cardiovasculaire féminine tout au long de la vie, en tenant compte des transitions hormonales. Il s’agit d’un consensus scientifique, et non d’un nouveau protocole obligatoire en France.
Quatre étapes pour mieux repérer les facteurs de risque
Les experts distinguent quatre périodes. Leurs limites ne correspondent pas à des anniversaires précis : l’âge des premières règles, la durée des cycles et l’arrivée de la ménopause varient selon les femmes.
Autour des premières règles, l’histoire menstruelle peut fournir des renseignements utiles au suivi médical. Des règles très abondantes ou des perturbations persistantes du cycle méritent une évaluation, sans signifier à elles seules qu’une maladie cardiovasculaire se prépare.
Pendant les années de cycles menstruels, certaines situations, comme le syndrome des ovaires polykystiques, peuvent s’accompagner de troubles métaboliques à surveiller. Les complications de grossesse constituent également des informations importantes : une prééclampsie ou un diabète gestationnel doivent rester connus du médecin traitant après l’accouchement.
À la périménopause, la transition hormonale offre l’occasion de réévaluer la tension artérielle, la glycémie et le bilan lipidique. Les troubles du sommeil et les changements d’humeur doivent aussi être pris en compte.
Après la ménopause, la surveillance et le traitement des facteurs de risque restent essentiels. Une femme ne devient toutefois pas brutalement à risque à 51 ans : son état de santé dépend aussi de ses antécédents et de ses habitudes de vie.
Un suivi qui relie gynécologie et santé cardiovasculaire
L’enjeu consiste à éviter que chaque spécialité ne dispose que d’une partie de l’histoire médicale. Une complication obstétricale ancienne, une hypertension ou un traitement hormonal peuvent être utiles à plusieurs professionnels.
Les auteurs préconisent ainsi une meilleure coordination entre soins primaires, gynécologie, obstétrique et cardiologie. Ils proposent également un réseau américain de centres spécialisés associant soins, formation, recherche et actions de proximité. Cela ne signifie pas que toutes les femmes doivent consulter systématiquement un cardiologue.
Au quotidien, la prévention repose toujours sur des mesures concrètes : ne pas fumer, bouger régulièrement et prendre en charge les facteurs de risque identifiés. Adopter une alimentation favorable à la santé cardiaque fait également partie de cette démarche.
Le stress, le sommeil et les difficultés sociales méritent aussi d’être abordés en consultation. Ils ne doivent toutefois pas servir d’explication automatique à une douleur thoracique ou à un essoufflement inhabituel.
Faut-il prendre des hormones pour protéger son cœur ?
Le traitement hormonal de la ménopause ne doit pas être prescrit dans le seul objectif de prévenir une maladie cardiovasculaire. Il peut être envisagé pour certaines manifestations gênantes de la ménopause, après une évaluation individuelle des bénéfices, des risques et des contre-indications.
La décision dépend notamment des symptômes, des antécédents et du risque cardiovasculaire ou de thrombose. Ce traitement ne remplace ni le contrôle de la tension artérielle ni la prise en charge d’un diabète ou d’un excès de cholestérol.
Infarctus : la douleur thoracique reste un signal majeur
Une idée reçue doit être corrigée : les femmes présentent elles aussi fréquemment une douleur thoracique lors d’un infarctus. Il serait dangereux de rechercher uniquement une fatigue ou des nausées.
Une oppression dans la poitrine, une douleur irradiant vers le bras, la mâchoire ou le dos peuvent s’accompagner d’essoufflement, de sueurs, de nausées ou d’un malaise. Certains infarctus surviennent néanmoins sans douleur caractéristique.
En cas de suspicion d’infarctus, appelez immédiatement le 15 ou le 112, même en cas de doute. Des symptômes inhabituels ne doivent pas être attribués trop rapidement au stress ou à la ménopause.
Sources
- Assurance maladie : mortalité, facteurs de risque et inégalités de prise en charge cardiovasculaire chez les femmes, 5 mai 2026.
- Assurance maladie : reconnaître un infarctus et agir, 5 juin 2026.