Santé : ce qui va changer au 1er janvier
Publié le 28 Décembre 2017 à 9h37 par Audrey Vaugrente, journaliste santé

Les cigarettes font les montagnes russes

Que les fumeurs se réjouissent pour une courte durée. Ce 2 janvier, le prix de certains paquets – dont les Winston ou les Camel – baisse de 20 centimes. "Il s'agit d'une respiration normale du marché", selon Eric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques chez BAT interrogé par l'AFP.

En effet, les fabricants de tabac ont la possibilité de fixer les prix qu'ils souhaitent. Ils ont donc réalisé des ajustements à la suite de plusieurs modifications survenues en 2017. Mais cette baisse est temporaire. A partir de mars prochain, le gouvernement va déployer sa nouvelle politique anti-tabac.

Parmi les mesures phases figure une hausse progressive du prix du paquet de cigarettes pour atteindre 10 euros en novembre 2020. Dès mars, les fumeurs devront débourser 1.10 euro de plus.

9 vaccins obligatoires en plus

Trois vaccins sont obligatoires pour les enfants français : diphtérie, tétanos, poliomyélite. A partir du 2 janvier, la liste s'allonge sensiblement. Les nourrissons devront désormais être aussi protégés contre la coqueluche, la rougeole, la rubéole, les oreillons, l'hépatite B, l'Haemophilus influenzae B, le pneumocoque, et le méningocoque C.

11 vaccins seront donc obligatoires. Cette décision, prise par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, acte la fin d'un long processus de consultation engagé sous le gouvernement précédent. Selon le cabinet de la ministre, 7 enfants sur 10 respectent déjà ce calendrier vaccinal.

En théorie, les contrevenants s'exposeront à une peine de prison de six mois et une amende de 3 700 euros. Leurs enfants ne pourront pas non plus être inscrits en crèche ou en établissement scolaire. Dans les faits, la ministre a exprimé sa volonté de faire preuve de souplesse.

"Il n'y aura pas de sanction pénale, a récemment affirmé Agnès Buzyn à nos confrères de L'Express. Je supprimerai la disposition du Code de la santé publique prévoyant" une peine de prison. Selon elle, cela nuirait à l'objectif, qui est de rendre confiance en la vaccination.

Le régime d'Assurance maladie évolue

Les travailleurs indépendants l'avaient réclamé, ils ont fini par obtenir gain de cause. A partir du 2 janvier, un travail de refonte du système d'assurance maladie français est engagé. Et il devrait améliorer la prise en charge de ces actifs.

Conformément aux promesses du président, les indépendants vont progressivement rejoindre le régime général de la Sécurité social. Une période de transition de deux ans va donc s'engager. Elle devrait simplifier les démarches lors d'un arrêt maladie, d'un remboursement ou d'un départ en retraite.

Une baisse des charges est aussi à prévoir pour les indépendants. Les travailleurs dont le revenu net n'excède pas 43 000 euros par an seront exonérés des cotisations d'assurance maladie et maternité. Les cotisations famille vont, elles aussi, baisser.

Le forfait hospitalier augmente

Les séjours à l'hôpital coûteront désormais plus cher. A compter du 2 janvier, le forfait hospitalier passe à 20 euros par jour – soit deux euros de plus. Pour rappel, il ne s'applique qu'aux hospitalisations de plus de 24 heures.

Cette somme représente la participation du patient aux frais d'hébergement et d'entretien qu'occasionne son séjour, dans le public comme dans le privé. Elle n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie, sauf situation particulière comme une pension militaire, une CMU ou une hospitalisation à domicile.

Le forfait hospitalier est, en revanche, remboursé par de nombreuses complémentaires santé ou mutuelles. Celles-ci n'ont pas encore précisé si elles allaient répercuter cette hausse de prix dans leurs remboursements.

Des médicaments ne seront plus remboursés

En 2018, plusieurs médicaments disparaissent de la liste des médicaments remboursés par l'Assurance maladie. Parmi eux, les myorelaxants à base de thiocolchicoside oral (Coltramyl® et génériques). Régulièrement prescrits en traitement des lombalgies, il est sous surveillance renforcée depuis 2014.

Cette molécule est suspectée d'effets génotoxiques. Mais ça n'est pas tout : dans son avis de 2016, la Commission de la transparence a jugé insuffisant le service médical rendu (SMR) du thiocolchicoside. En cause, son efficacité modérée, les nombreuses alternatives thérapeutiques et la faible tolérance du médicament.

Le Nurofenpro® en solution buvable et le Gynopura® 1% ne seront pas non plus remboursé, à la demande des laboratoires Reckitt-Benckiser et Besins International qui les distribuent.

Enfin, le prix de vente de certains médicaments va baisser. C'est le cas de plusieurs traitements de l'hypercholestérolémie comme les statines (rosuvastatine, pravastatine), le fénofibrate, un vaccin contre plusieurs méningocoques ou encore des immunosuppresseurs.

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