Canicule 2026 : plus de 32 000 décès excédentaires recensés en Europe

Publié par Freya Yophy
le 22/08/2026
FEMME AGEE
Istock
Canicule : ce chiffre alarmant révèle l’ampleur du bilan humain en Europe
L'été 2026 marque un tournant climatique tragique avec plus de 32 000 décès excédentaires recensés en Europe entre juin et août selon EuroMomo.

L’Europe traverse un été 2026 marqué par des vagues de chaleur particulièrement intenses. Entre la mi-juin et la mi-août, plus de 32 000 décès excédentaires toutes causes confondues auraient été recensés dans les pays et régions participant au réseau EuroMOMO.

Ce chiffre provisoire ne correspond pas au nombre de décès dont la chaleur serait officiellement la cause. Il révèle néanmoins une hausse importante de la mortalité pendant une période de températures exceptionnelles, rappelant l’urgence de protéger les personnes les plus vulnérables.

Plus de 32 000 décès supplémentaires en Europe

EuroMOMO surveille chaque semaine la mortalité toutes causes confondues dans 27 pays ou régions d’Europe. Son bulletin publié durant la troisième semaine d’août indique que la mortalité est revenue à un niveau globalement attendu après plusieurs semaines de forte augmentation. Elle demeure cependant élevée chez les personnes âgées de 85 ans et plus.

Les estimations cumulées font état de plus de 32 000 décès supplémentaires entre la mi-juin et la mi-août 2026. Cette période coïncide avec plusieurs épisodes de chaleur extrême, mais d’autres facteurs peuvent intervenir dans ce bilan.

Il serait donc inexact de présenter ces 32 000 décès comme étant tous directement provoqués par la canicule. EuroMOMO mesure une anomalie statistique et non la cause médicale précise de chaque mort.

La comparaison avec la canicule de 2003 doit également rester prudente. Cet épisode demeure considéré comme le plus meurtrier à l’échelle européenne, avec environ 70 000 décès attribués à la chaleur selon les estimations scientifiques.

Comment la surmortalité est-elle calculée ?

La surmortalité désigne la différence entre le nombre de décès réellement observés et le nombre attendu en temps normal pour une période donnée. Cette valeur de référence est calculée à partir des années précédentes en tenant compte des évolutions démographiques et des variations saisonnières.

Cet indicateur permet de mesurer rapidement l’impact potentiel d’une épidémie, d’un événement climatique ou d’une autre menace sanitaire. Il possède toutefois une limite : il ne fournit pas immédiatement la cause précise des décès.

La chaleur est rarement mentionnée comme cause principale sur un certificat de décès. Elle peut pourtant provoquer une déshydratation, aggraver une maladie cardiovasculaire ou respiratoire et favoriser un accident rénal ou neurologique. Elle peut ainsi entraîner une décompensation fatale d’une maladie chronique.

L’analyse définitive de la mortalité attribuable à la chaleur nécessite des modèles spécifiques et plusieurs mois de consolidation.

En France, près de 5 800 décès en excès dès juin

Santé publique France a estimé au moins 5 764 décès toutes causes confondues en excès pendant la canicule survenue du 17 juin au 2 juillet 2026. Cela représente une augmentation de plus de 36 % par rapport à la mortalité attendue dans les départements concernés.

Les personnes âgées de 75 ans et plus représentent environ les deux tiers de ce bilan provisoire, avec au moins 3 719 décès supplémentaires. Toutes les classes d’âge à partir de 15 ans ont néanmoins été touchées.

L’intensité de cette canicule a dépassé celle d’août 2003 sur le plan des températures. Son impact sur la mortalité française est cependant resté inférieur à celui de 2003, contrairement à ce qu’affirmait la première version du texte.

Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus vulnérables ?

Le vieillissement modifie les mécanismes permettant au corps de réguler sa température. La sensation de soif devient moins perceptible et les reins retiennent moins efficacement l’eau. La transpiration, indispensable au refroidissement du corps, peut également diminuer.

Plusieurs facteurs augmentent encore le risque :

Les nuits tropicales sont particulièrement éprouvantes, car elles empêchent l’organisme de récupérer. Le risque augmente lorsque ces nuits chaudes se répètent, même s’il n’existe pas un seuil universel de cinq nuits entraînant automatiquement une hausse « exponentielle » de la mortalité.

La climatisation est-elle vraiment responsable d’une partie du problème ?

La climatisation peut sauver des vies pendant une canicule, notamment chez les personnes fragiles. Elle ne doit donc pas être présentée comme intrinsèquement dangereuse.

Les appareils rejettent toutefois de la chaleur à l’extérieur et consomment de l’énergie. Lorsqu’ils sont très nombreux dans un quartier dense, ils peuvent accentuer localement l’îlot de chaleur urbain. L’ampleur de cet effet varie selon les bâtiments, les appareils et l’aménagement des rues : une hausse systématique de 1 à 2 °C ne peut pas être généralisée à toutes les villes.

Un entretien insuffisant ou un réglage trop froid peut également provoquer des inconforts. Quelques précautions permettent d’utiliser la climatisation sans nuire à sa santé.

Un bilan encore très provisoire

Les données des dernières semaines sont susceptibles d’être révisées en raison des délais d’enregistrement des décès. EuroMOMO avertit que ses trois semaines les plus récentes doivent toujours être interprétées avec précaution.

En France, Santé publique France publiera à l’automne un bilan consolidé couvrant l’ensemble de la saison estivale. Cette analyse permettra de distinguer plus précisément la surmortalité observée pendant chaque canicule de la mortalité directement attribuable aux températures.

Ces résultats devront guider l’adaptation des logements, la végétalisation des villes, la surveillance des personnes isolées et l’organisation des établissements accueillant des personnes âgées.

Sources : EuroMOMO, Santé publique France.

 
Voir les commentaires