Canicule 2026 : plus de 7 800 décès en excès durant les trois vagues de chaleur

Publié par Freya Yophy
le 17/09/2026
Maj
le 21/09/2026
canicule
Istock
Canicule 2026 : ce que révèle le bilan de mortalité
Le bilan de Santé publique France dévoile près de 8 000 décès en excès lors des canicules estivales, marqués par un resserrement dramatique sur les plus de 75 ans au fil des semaines.

L’Hexagone vient de traverser un été météorologique inédit. Dès le mois de juin, des températures extrêmes ont touché presque tout le territoire, exposant aussi bien les actifs que les personnes les plus fragiles. Les épisodes suivants ont surtout frappé les aînés, dont l’organisme résiste moins efficacement à une contrainte thermique prolongée.

L’été le plus chaud observé en France depuis 1900

Météo-France établit la température moyenne nationale de l’été 2026 à 24 °C, soit 3,6 °C au-dessus des normales climatiques. Cette anomalie dépasse celles des étés 2003 (+2,7 °C) et 2022 (+2,3 °C).

Le pays a connu 53 jours de vague de chaleur répartis en trois épisodes, contre 33 jours en 2022. Au cours de la première canicule, jusqu’à 72 départements ont été placés en vigilance rouge. Le dernier épisode a concerné 79 départements, soit environ 89 % de la population hexagonale.

Plus de 5 700 décès en excès dès la première canicule

La période du 17 juin au 2 juillet a été la plus meurtrière. Santé publique France estime à 5 764 le nombre de décès toutes causes en excès, soit une hausse de 36,2 % par rapport au nombre attendu dans les départements et pendant les jours concernés.

Cette vague précoce a produit un phénomène inhabituel : une surmortalité a été constatée dans toutes les classes d’âge à partir de 15 ans. Les personnes âgées de 75 ans et plus ont néanmoins représenté près des deux tiers du bilan, avec 3 719 décès en excès.

Les 24 et 25 juin ont par ailleurs été les premières journées à atteindre une température moyenne nationale de 30 °C sur vingt-quatre heures, dépassant les valeurs enregistrées pendant la canicule historique de 2003.

Une mortalité progressivement concentrée chez les plus de 75 ans

Les deux épisodes suivants ont entraîné un excès de mortalité moins important, mais de plus en plus concentré sur les personnes âgées :

  • Du 3 au 22 juillet, 1 243 décès toutes causes en excès ont été estimés. Les personnes de 75 ans et plus en représentaient près des trois quarts, avec 917 décès.
  • Du 27 juillet au 20 août, Santé publique France a recensé 817 décès en excès, dont 751 chez les plus de 75 ans. Cette tranche d’âge représentait donc près de 92 % du bilan de la dernière période.

Cette évolution confirme la vulnérabilité particulière des aînés. Avec l’âge, la sensation de soif diminue, la transpiration devient moins efficace et les reins compensent plus difficilement la déshydratation. Certaines maladies cardiovasculaires, respiratoires ou rénales, ainsi que plusieurs médicaments, réduisent encore les capacités d’adaptation.

Les bulletins disponibles ne permettent cependant pas d’affirmer que ce déplacement vers les plus âgés résulte d’une « disparition préalable » des personnes les plus fragiles ou d’un épuisement biologique progressif. Ces hypothèses nécessitent des analyses complémentaires.

Des chiffres provisoires à interpréter avec prudence

L’addition des trois estimations aboutit à 7 824 décès toutes causes en excès durant les jours et dans les départements concernés par les canicules. Il ne s’agit toutefois pas de 7 824 décès médicalement attribués à la chaleur.

Ces données sont provisoires, extrapolées à partir des informations d’état civil et dépourvues, à ce stade, des causes médicales précises de chaque décès. Santé publique France doit encore publier un bilan consolidé distinguant la mortalité observée pendant les épisodes de l’effet directement attribuable aux températures.

Durant la dernière canicule, 50,7 % de l’ensemble des décès observés sont survenus à l’hôpital, 24,5 % au domicile et 20,3 % en Ehpad ou maison de retraite. Ces proportions décrivent les lieux de décès, mais ne permettent pas de déterminer où l’exposition dangereuse à la chaleur s’est produite.

Peut-on réellement comparer l’été 2026 à 2003 ?

La surmortalité de 2026 reste, à ce stade, inférieure aux quelque 15 000 décès supplémentaires associés à la canicule de 2003. Les deux bilans ne peuvent cependant pas être comparés directement : les méthodes d’estimation, la durée des périodes étudiées, la répartition géographique des températures et la structure démographique ont évolué.

Les plans canicule, les dispositifs d’alerte et la vigilance renforcée des établissements ont probablement contribué à mieux protéger la population. Les données actuellement disponibles ne suffisent toutefois pas à attribuer à ces seuls dispositifs la différence de mortalité observée.

Le registre communal pour protéger les personnes isolées

Les personnes âgées, handicapées ou particulièrement isolées peuvent demander leur inscription sur le registre communal nominatif, auprès de leur mairie ou de leur centre communal d’action sociale. Lors d’une alerte, les services locaux peuvent les contacter, vérifier leurs besoins et organiser une assistance adaptée.

Un proche peut généralement effectuer la demande pour une personne vulnérable, selon les modalités prévues par la commune et avec son accord lorsqu’elle est en mesure de le donner. Il est préférable d’accomplir cette démarche avant l’été et d’actualiser régulièrement les coordonnées enregistrées.

Sources

Voir les commentaires