Le cambriolage, une agression dont on ne sort pas toujours indemne

500.000 cambriolages ont lieu chaque année en France, soit environ 1.400 par jour. Comment réagissons-nous face à cette agression ?
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Notre domicile ne nous donne plus le sentiment de sécurité

Tout d'abord, l'effraction de notre domicile fait voler en éclat une partie de notre sentiment de sécurité.

Notre " chez-nous " était un lieu privé, intime et tout à coup, on s'apercoit que c'était une illusion. C'est comme si notre vision du monde pouvait basculer à cause de ce cambriolage.

Et cela peut être grave.

En effet, le sentiment de sécurité fait partie des besoins vitaux après ceux de boire, de manger, de dormir. S'il n'est pas satisfait, nous nous sentons mal, anxieux, et nous avons des difficultés à nous impliquer dans des projets. Comme la faim qui nous tenaille nous empêche de réfléchir, le sentiment d'insécurité nous empêche de dormir tranquille, de nous sentir en paix et de consacrer notre énergie à nos projets. Cette énergie est en partie engloutie par le stress.

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Se faire cambrioler déclenche parfois un sentiment de viol

On constate que le logement est pour certaines personnes comme un prolongement d'elles-mêmes.

Comme si leur enveloppe corporelle s'étendait jusqu'à englober leur maison.

C'est pourquoi un cambriolage peut provoquer des réactions très violentes : " J'ai eu l'impression d'être violée " exprime Nathalie, " ils sont entrés chez moi comme si on forçait mon intimité ".

Ce sont exactement les mêmes termes qui sont parfois utilisés dans les viols : on dit aussi " forcer une femme " pour décrire cet acte criminel, ou " entrer en elle " pour exprimer la pénétration sexuelle, d'où un ressenti exacerbé. Les personnes ne ressentant pas l'extension de leur être à leur logement, ne décrivent pas ce même sentiment.

Publié le 29 Septembre 2008 | Mis à jour le 19 Août 2013
Auteur(s) : Dr Catherine Solano