Bientôt deux nouveaux médicaments pour une sexualité heureuse

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Deux nouveaux traitements donnent des résultats très intéressants chez l'homme pour retarder l'éjaculation précoce et chez la femme pour restaurer la libido. Attention, ces deux molécules sont actuellement à l'essai, ce qui signifie que ces traitements ne sont pas encore accessibles. Mais rien n'empêche d'en parler à votre médecin, c'est d'ailleurs une excellente occasion de dépasser les tabous !

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Un spray anesthésique contre l'éjaculation précoce

Il s'agit d'un traitement local qui se présente sous la forme d'un spray, pulvérisant une association de deux molécules ayant des propriétés anesthésiantes. Il a été testé chez 256 personnes souffrant d'éjaculation prématurée et ayant pour consigne de réaliser une pulvérisation sur l'extrémité du pénis, 5 minutes avant un rapport sexuel. Trois mois plus tard, ce traitement local a permis de multiplier par 5 le temps avant l'éjaculation par rapport à un placebo, soit une durée moyenne passant de 48 secondes à 2 minutes et 36 secondes. L'amélioration a été constatée dès le premier mois de traitement et s'est ensuite maintenue.

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Enfin, le traitement a été bien toléré et s'est révélé très satisfaisant à tout niveau.

Une molécule contre la baisse de libido

Si la baisse de libido est un symptôme classique de la ménopause (à mettre en relation avec la chute de production hormonale), il arrive que des femmes plus jeunes souffrent aussi d'une perte de libido. Tabou, ce sujet est rarement évoqué. Pourtant, un désir sexuel hypo-actif peut être à l'origine de souffrances ou de mal-être, d'où l'importance de pouvoir proposer des solutions à ces femmes. Une molécule (flibansérine, un modulateur sérotoninergique, qui agit sur des neurotransmetteurs impliqués dans la réponse sexuelle) est en cours d'essai. Un test a déjà porté sur 2.000 femmes non ménopausées atteintes d'une diminution du désir sexuel associée à une souffrance et /ou des difficultés interpersonnelles. En suivant le traitement à raison d'une dose par jour, on remarque une nette augmentation du nombre de rapports sexuels satisfaisants et une amélioration du niveau de désir sexuel. Quelques effets indésirables d'intensité légère ont été notés au cours des deux premières semaines de traitement (vertiges, nausées, fatigue, somnolence, insomnie...), mais généralement pas de nature à interrompre le traitement.

Autrement dit, la recherche progresse pour pouvoir proposer des solutions aux personnes et aux couples dont la sexualité n'est pas satisfaisante. L'important est d'en parler, avec son partenaire, et de s'en remettre à son médecin, voire à son médecin sexologue, pour pouvoir bénéficier d'un éventuel traitement.

Publié le 30 Novembre 2009 | Mis à jour le 07 Novembre 2011
Auteur(s) : Dr Philippe Presles
Source : Le Quotidien du Médecin, n°8660, 19 novembre 2009 ; Le Quotidien du Médecin, n°8663, 24 novembre 2009.