Baisse de libido : causes, signes et solutions pour retrouver le désir
Les Français font moins l’amour. Selon une enquête de l’Ifop publiée en 2024, 76 % des personnes interrogées déclaraient avoir eu un rapport sexuel au cours des douze mois précédents, soit la proportion la plus faible observée depuis cinquante ans.
Cette évolution ne traduit toutefois pas nécessairement un problème médical. Certaines personnes vivent très bien avec une sexualité moins fréquente ou sans rapports. La baisse du désir devient surtout préoccupante lorsqu’elle est subie, persistante ou source de souffrance personnelle ou conjugale.
Fatigue, stress, changements hormonaux, médicaments et difficultés relationnelles peuvent expliquer cette diminution de la libido.
Rechercher une cause hormonale ou physique
Le désir sexuel évolue naturellement avec l’âge et les événements de la vie. Chez les femmes, la grossesse, l’allaitement, la périménopause et la ménopause peuvent modifier les taux d’œstrogènes et d’androgènes. Une sécheresse vaginale ou des rapports douloureux peuvent alors réduire progressivement l’envie.
Chez les hommes, la testostérone peut diminuer avec l’âge, mais cette évolution varie fortement d’une personne à l’autre. Une baisse marquée ne peut être confirmée que par un dosage sanguin réalisé dans des conditions précises et interprété par un médecin.
D’autres problèmes de santé peuvent également perturber la sexualité :
- un dérèglement de la thyroïde ;
- un excès de prolactine ;
- un diabète ou une maladie cardiovasculaire ;
- une douleur chronique ;
- une dépression ou un trouble anxieux ;
- un manque de sommeil persistant.
Une baisse soudaine du désir, sans explication apparente, mérite donc d’être abordée avec un professionnel de santé.
Vérifier les effets indésirables des médicaments
Certains traitements peuvent affecter le désir, l’excitation, l’érection ou l’orgasme. C’est notamment le cas de certains antidépresseurs de la famille des ISRS, mais aussi de quelques antihypertenseurs, anxiolytiques ou traitements hormonaux.
Il ne faut jamais interrompre seul un médicament suspecté d’altérer la sexualité. Un arrêt brutal peut provoquer des symptômes de sevrage ou une aggravation de la maladie traitée. Le médecin peut parfois modifier la dose, changer de molécule ou proposer une prise en charge complémentaire.
Le mode de vie intervient également. Un stress chronique, une fatigue intense, une consommation excessive d’alcool ou des conflits répétés dans le couple peuvent rendre difficile le passage vers un état de disponibilité sexuelle.
Comprendre que le désir n’est pas toujours spontané
L’envie ne précède pas nécessairement chaque rapprochement intime. Le modèle développé par la médecin et chercheuse Rosemary Basson montre que le désir peut apparaître progressivement, en réponse à un contexte rassurant, à une proximité affective ou à des stimulations agréables.
Ce désir réactif est fréquent, notamment dans les relations longues. Ne pas ressentir spontanément une pulsion sexuelle ne signifie donc pas automatiquement que la libido a disparu.
Cette notion ne doit cependant jamais être utilisée pour justifier un rapport non désiré. Une personne peut accepter de commencer un moment d’intimité par curiosité ou réceptivité, mais elle doit pouvoir changer d’avis à tout instant. Le consentement reste indispensable et la notion de devoir conjugal ne peut se substituer à une envie librement exprimée.
La routine peut aussi peser sur la sexualité. Une enquête récente évoque une hausse de l’ennui dans la vie intime, particulièrement chez les femmes. Retrouver du désir passe parfois par une meilleure communication plutôt que par la recherche immédiate d’un traitement.
Quand faut-il consulter pour une baisse de libido ?
Il n’existe pas de délai universel imposant une consultation. Il est possible d’en parler rapidement à un médecin lorsque la baisse est brutale, durable ou mal vécue. Une consultation est également recommandée en présence de douleurs, de sécheresse vaginale, de troubles de l’érection ou d’une fatigue inexpliquée.
Le médecin généraliste, le gynécologue ou l’urologue commence par rechercher les causes possibles : contexte émotionnel, qualité de la relation, sommeil, médicaments et maladies associées. Un bilan sanguin ciblé peut être prescrit selon les symptômes, mais les dosages hormonaux ne sont pas systématiques.
Lorsque les causes physiques ont été recherchées, un sexologue, un psychologue ou un thérapeute de couple peut aider à travailler sur :
- la communication entre les partenaires ;
- les différences de désir ;
- l’image du corps ;
- les expériences sexuelles douloureuses ;
- l’anxiété et la peur de décevoir ;
- la pression liée à la performance.
La téléconsultation facilite désormais l’accès à ce suivi pour les personnes réticentes à aborder leur intimité en cabinet.
Sortir du cercle de l’anxiété de performance
La peur de ne pas être à la hauteur détourne l’attention des sensations corporelles et entretient les difficultés sexuelles. Un épisode isolé peut alors devenir une source d’anticipation anxieuse lors des rapports suivants.
Cette anxiété de performance peut concerner l’érection, l’orgasme, la durée du rapport ou la capacité à satisfaire l’autre. Les thérapies sexuelles proposent généralement de déplacer l’attention de la performance vers les sensations, la communication et le plaisir partagé.
La fréquence des rapports ne définit pas à elle seule une sexualité épanouie. L’objectif n’est pas de correspondre à une norme, mais de retrouver une vie intime libre, consentie et satisfaisante pour chaque partenaire.