Apnée du sommeil : ces signes nocturnes que beaucoup ignorent

Publié par Freya Yophy
le 06/09/2026
apné
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Touchant au moins 4 % de la population française, le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil fragilise l'organisme tout en restant très largement sous-diagnostiqué.

Ronflements entrecoupés de silences, fatigue au réveil, somnolence ou besoin d’uriner plusieurs fois par nuit peuvent révéler une apnée obstructive du sommeil. Encore largement sous-diagnostiquée, cette maladie augmente notamment les risques cardiovasculaires et métaboliques lorsqu’elle n’est pas prise en charge.

De nombreuses personnes souffrant d’apnée du sommeil attribuent leur fatigue au stress, au travail ou au vieillissement. Le chiffre de 80 % de malades non diagnostiqués est fréquemment avancé, mais il varie selon les études et les populations observées. En France, les spécialistes estiment plus prudemment que plus de la moitié des personnes concernées pourraient ignorer leur maladie.

Décrit dès 1972 par le médecin et chercheur français Christian Guilleminault, le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, ou SAHOS, empêche l’organisme de bénéficier d’une véritable récupération nocturne.

Pourquoi la respiration s’interrompt-elle pendant la nuit ?

Pendant le sommeil, les muscles de la gorge se relâchent naturellement. Chez certaines personnes, ce relâchement provoque un rétrécissement excessif, voire une fermeture complète du pharynx.

Une apnée correspond à une interruption du passage de l’air pendant au moins dix secondes. Une hypopnée désigne une réduction partielle de la ventilation, généralement accompagnée d’une baisse de l’oxygénation ou d’un micro-éveil.

Face au manque d’air, le cerveau déclenche une réaction d’alerte. Celle-ci contracte les muscles du pharynx et permet à la respiration de reprendre. Ces micro-éveils ne sont généralement pas mémorisés, mais ils peuvent se répéter des dizaines de fois au cours d’une même nuit et fragmenter profondément le sommeil.

Comment mesurer la sévérité de l’apnée du sommeil ?

La gravité du SAHOS est notamment évaluée grâce à l’indice d’apnées-hypopnées, ou IAH. Cet indicateur comptabilise le nombre d’événements respiratoires enregistrés par heure :

  • Entre 5 et 15 événements : SAHOS léger.
  • Entre 15 et 30 événements : SAHOS modéré.
  • À partir de 30 événements : SAHOS sévère.

Ce chiffre ne doit cependant pas être interprété isolément. Le médecin tient aussi compte de la somnolence, du retentissement sur la vie quotidienne et de la présence d’éventuelles maladies cardiovasculaires ou respiratoires.

Quels sont les principaux facteurs de risque ?

Le risque augmente avec l’âge. Selon l’Inserm, environ 30,5 % des personnes de plus de 65 ans seraient concernées, contre 7,9 % des adultes âgés de 20 à 44 ans.

Le surpoids et l’obésité constituent des facteurs importants, car les tissus graisseux situés autour du pharynx facilitent son obstruction. Une mâchoire inférieure en retrait, une langue ou des amygdales volumineuses, une obstruction nasale et un tour de cou élevé peuvent également favoriser la maladie.

Chez les femmes, la fréquence du SAHOS augmente après la ménopause. L’alcool consommé le soir et certains médicaments sédatifs peuvent par ailleurs accentuer le relâchement musculaire et aggraver les événements respiratoires.

Les symptômes nocturnes qui doivent alerter

Un ronflement régulier ne signifie pas systématiquement qu’une personne présente un SAHOS. Certains signes associés doivent néanmoins inciter à consulter :

  • Des pauses respiratoires constatées par le conjoint.
  • Des réveils avec une sensation d’étouffement ou de suffocation.
  • Un sommeil agité et entrecoupé de ronflements irréguliers.
  • Des sueurs nocturnes importantes.
  • Des levers répétés pour uriner.
  • Une bouche sèche au réveil.

Dans la journée, la maladie peut provoquer une fatigue persistante, des difficultés de concentration, une irritabilité ou une somnolence incontrôlable. Des maux de tête matinaux peuvent également être présents.

Une somnolence au volant constitue un signal d’alerte majeur. Il convient alors d’éviter de conduire et de consulter rapidement.

Pourquoi le SAHOS menace aussi le cœur

Chaque interruption respiratoire provoque une baisse transitoire de l’oxygénation et une réaction de stress de l’organisme. La répétition de ces épisodes favorise une augmentation de l’activité du système nerveux sympathique, de la pression artérielle et de l’inflammation.

À long terme, un SAHOS non traité est associé à un risque accru d’hypertension artérielle, de troubles du rythme cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de complications métaboliques, notamment le diabète de type 2.

Ces risques dépendent cependant de la sévérité du syndrome, des autres maladies présentes et du profil individuel du patient.

Quels examens permettent de confirmer le diagnostic ?

Les questionnaires comme l’échelle d’Epworth, STOP-Bang ou le questionnaire de Berlin aident à évaluer la somnolence et le niveau de risque. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de poser un diagnostic.

La confirmation nécessite un enregistrement du sommeil :

  • La polygraphie ventilatoire nocturne mesure notamment le débit respiratoire, les mouvements du thorax et de l’abdomen, la fréquence cardiaque et la saturation en oxygène. Elle peut généralement être réalisée à domicile.
  • La polysomnographie ajoute l’enregistrement de l’activité cérébrale, des mouvements oculaires et de l’activité musculaire. Plus complète, elle analyse les différentes phases du sommeil et peut être demandée lorsque le diagnostic reste incertain ou qu’un autre trouble est suspecté.

Le choix de l’examen dépend du tableau clinique et revient au médecin spécialiste du sommeil.

PPC ou orthèse : un traitement adapté à chaque patient

La prise en charge commence par des mesures adaptées au profil du patient : perte de poids en cas de surpoids, diminution de l’alcool le soir, activité physique régulière et traitement d’une éventuelle obstruction nasale. Une thérapie positionnelle peut être proposée lorsque les événements surviennent principalement sur le dos.

Pour les formes sévères, la pression positive continue ou PPC constitue le traitement de référence. L’appareil envoie de l’air sous pression dans un masque afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes.

L’orthèse d’avancée mandibulaire, réalisée sur mesure, maintient la mâchoire inférieure légèrement avancée. Elle peut être proposée en première intention dans certaines formes légères à modérées. Dans les formes sévères, elle constitue principalement une solution lorsque la PPC est refusée, mal tolérée ou inadaptée.

La chirurgie reste réservée à certaines anomalies anatomiques et nécessite une évaluation spécialisée.

Sources

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