Antibiotiques : 19% des Français prennent mal ces médicaments

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Les antibiotiques sont encore mal connus et mal utilisés. Pourtant, leur mésusage favorise les résistances à ces médicaments. A l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme sur ce problème d’ampleur mondiale.

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Ils sont souvent prescrits mais pas toujours bien utilisés. Les antibiotiques, des médicaments utiles pour détruire les bactéries, se sont en effet retrouvés dans le placard à pharmacie de 54% des Français au cours des deux dernières années. Mais 19% d’entre eux n’ont pas respecté la durée de traitement prescrite, selon une étude OpinionWay, réalisée en ligne pour les laboratoires Sanofi du 3 au 5 octobre 2018 auprès de 1012 répondants. Un mésusage qui s’étend bien au-delà de nos frontières et qui inquiète l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette dernière tire la sonnette d’alarme à l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques qui se tient du 12 au 18 novembre 2018.

Mésusage et résistance aux antibiotiques

Pour transmettre son message d’alerte, l’OMS s’appuie sur des données de 2015 collectées dans 65 pays et qui montrent une différence de consommation qui s’étend de quatre doses définies journalières (DDJ) par 1000 habitants par jour au Burundi à plus de 64 en Mongolie. "Ces différences indiquent que certains pays consomment probablement trop d'antibiotiques alors que d'autres n'ont peut-être pas suffisamment accès à ces médicaments" note l’OMS dans un communiqué. Or "la surconsommation et la sous-consommation d'antibiotiques sont les causes majeures de la résistance antimicrobienne" selon Suzanne Hill, cheffe de l'unité de médicaments essentiels à l'OMS citée dans le communiqué de l’organisation. "Sans des antibiotiques efficaces et d'autres antimicrobiens, nous allons perdre notre capacité à traiter des infections répandues comme la pneumonie", a-t-elle averti.

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"On pourrait se retrouver à court d’options en matière d’antibiotiques"

Mais qu’appelle-t-on résistance antimicrobienne ou résistance aux antibiotiques ? Il est important de comprendre que cette résistance concerne les bactéries et non notre organisme, comme le rappelle l’OMS dans son dossier publié à l’occasion de la Semaine mondiale : "Les antibiotiques ciblent les bactéries, en les éliminant ou en limitant leurs effets et en vous aidant à combattre les infections. Votre organisme ne développe pas de résistance aux antibiotiques ; c’est la bactérie qui devient résistante aux antibiotiques par une mutation génétique." Et ce phénomène peut avoir de lourdes conséquences sur la santé : "Cela signifie que si vous contractez une infection bactérienne résistante aux antibiotiques, les antibiotiques utilisés habituellement contre celle-ci ne seront plus efficaces. Un antibiotique moins accessible ou de dernier recours devra être utilisé et, dans certains cas, on pourrait se retrouver à court d’options en matière d’antibiotiques actifs potentiels" ajoute l’OMS. "Les infections résistantes aux antibiotiques peuvent être plus longues à traiter, et nécessiter des visites plus fréquentes chez le médecin, des séjours hospitaliers éventuels et des traitements onéreux, et être sources d’effets secondaires graves" poursuit l’organisation.

C’est pour cela que le problème de l’antibiorésistance constitue un "problème sérieux" et qu’un usage averti de ces médicaments "partout dans le monde" est primordial. "Prendre des antibiotiques quand on en n’a PAS besoin peut empêcher ces médicaments d’être efficaces quand on A VRAIMENT besoin d’eux" martèle l’OMS, qui rappelle par ailleurs que les antibiotiques ne soignent pas les infections virales comme le rhume ou la grippe.

 

Publié le 13 Novembre 2018
Auteur(s) : Laurène Levy, journaliste santé
Source : Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques, Organisation mondiale de la Santé (OMS), 12-18 novembre 2018
Infographie Les Français et leur usage des antibiotiques en 2018, Etude OpinionWay réalisée en ligne pour les laboratoires Sanofi, du 3 au 5 octobre 2018 sur un échantillon de 1012 répondants représentatifs des Français de 18 ans et plus.
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