Anorexie mentale : peur de grossir … ou plaisir de maigrir ?

© Istock

Et si on s’était trompé ? Selon une récente étude de l’Inserm, les jeunes filles souffrant d’anorexie mentale n’ont pas peur de prendre du poids mais éprouvent une grande satisfaction à en perdre. Pareil, pensez-vous ? Pas vraiment. Cette découverte fait glisser l’anorexie du côté des addictions, ce qui ouvre de nouvelles voies thérapeutiques.

PUB

Vers une nouvelle définition de l’anorexie mentale ?

Le nouveau maire de Londres vient d’interdire les publicités incitant à la maigreur dans les transports publics. Une initiative qui tombe à pic pour ne pas inciter les adolescentes à faire des régimes. En effet, la définition internationale de l’anorexie mentale pourrait bien changer.

Jusqu’à présent, le diagnostic repose sur trois critères :

PUB
PUB
  • une restriction alimentaire menant à la perte de poids,
  • une perception déformée du poids
  • et une peur intense de grossir.

Or, une étude de l’Inserm, rendue publique en juin dernier, vient de remettre en cause ce troisième symptôme en montrant que les patientes atteintes par ce trouble alimentaire grave étaient plus sensibles au plaisir de maigrir qu’à la peur de grossir.

Anorexie mentale et tests : des patientes qui réagissent positivement à la maigreur

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont comparé les réactions de 71 patientes à celles de 20 femmes en bonne santé face à des images de femmes en surpoids et en sous-poids. Grâce à des tests de mesure de leur taux de sudation (conductance cutanée), ils se sont aperçus qu’il n’y avait aucune différence émotionnelle entre les patientes anorexiques et le groupe contrôle lorsqu’elles visionnaient des femmes fortes. En revanche, la vision de corps extrêmement maigres a provoqué immédiatement une réaction évaluée comme « positive » chez les patientes atteintes d’anorexie mentale qui se sont mises à transpirer exagérément contrairement au groupe contrôle qui n’a rien manifesté de particulier.

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Vendredi 08 Juillet 2016 : 10h51
Mis à jour le Vendredi 08 Juillet 2016 : 12h52
Source : D’après un entretien avec le Pr Philip Gorwood, chef de service de la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale à l’Hopital Saint Anne (Paris).
Conférence de presse Inserm « Anorexie : plaisir de maigrir plutôt que peur de grossir ?",  7 juin 2016, Paris.
Etude « Higher reward value of starvation imagery in Anorexia Nervosa and association with the Val66Met BDNF polymorphism », Clarke, Ramoz, Fladung, Gorwood, publiée dans Translational Psychiatry, juin 2016.
La rédaction vous recommande sur Amazon :