Alcool : 9 médecins plaident pour un prix plancher

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Dans un communiqué, 9 médecins reviennent à la charge contre l'alcool. Ils et elles demandent une politique plus dure à l'égard des boissons alcoolisées.

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Après avoir interpellé le président de la République, ils reviennent à la charge avec 10 propositions que la régulation des produits alcoolisés. Eux, ce sont les 9 professionnel.le.s de santé (1) signataires d'une tribune parue en mars dernier. Toujours aussi déterminés à réduire la consommation d'alcool en France, ils proposent un plan de bataille.

L'objectif de ces grands noms de la médecine : réduire la mortalité attribuable à l'alcool. Car celle-ci est estimée à 49 000 morts par an, dont 15 000 dus à un cancer. Il faut dire que les Français.es sont friand.e.s de boissons alcoolisées.

En 2016, chaque adulte a ingurgité l'équivalent de 11,7 litres d'alcool pur – soit un peu plus de deux verres par jour. Avec une large préférence pour le vin. Et cette habitude n'est pas sans risque. D'après une récente étude, boire plus de 100 grammes d'alcool par semaine est associé à une réduction de l'espérance de vie.

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Comment réduire cette consommation ? D'abord en frappant consommateurs et consommatrices au portefeuille, jugent ces médecins. Leur proposition : l'instauration d'un "prix plancher" sur toutes les boissons alcoolisées, sous la forme d'une taxe.

"A consommer avec modération"

L'idée est de taxer l'éthanol au gramme près, en fixant un prix de vente minimum par unité d'alcool. Et ce quelle que soit la boisson. Les produits les plus alcoolisés seraient ainsi les plus coûteux.

Mais les propositions ne s'arrêtent pas là. Il s'agit aussi d'éveiller les consciences sur les dangers de l'alcool. Pour cela, l'étiquetage doit évoluer, estiment les signataires de ce communiqué.

Sous quelle forme ? Cette fois, deux suggestions sont avancées. La première consiste à faire acte en transparence, en indiquant clairement la quantité d'alcool et de sucre en grammes, ainsi que le nombre de calories apportées par un verre. Car vins, bières et autres spiritueux sont hautement caloriques.

La deuxième proposition, c'est de n'autoriser qu'un message clair : "à consommer avec modération", sans autre argument. Et, si possible, d'indiquer que l'alcool est dangereux pour la santé, comme c'est actuellement le cas pour les cigarettes.

De multiples risques pour la santé

Les chances que ces propositions soient entendues sont maigres. En mars dernier, le président Emmanuel Macron avait clairement pris position en faveur du vin, affirmant en boire sur une base quotidienne.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait de son côté reconnu les dangers de l'alcool tout en refusant des mesures trop contraignantes. Elles auraient "laissé penser qu'on est pour une action de prohibition, c'est-à-dire qu'on ne veut pas d'alcool du tout". Une position trop extrême aux yeux du gouvernement.

Pour rappel, l'abus d'alcool est la principale cause de cirrhose du foie – une maladie irréversible qui peut évoluer en cancer. Les boissons alcoolisées sont aussi associées à un risque augmenté de plusieurs cancers, ORL et digestifs principalement, de maladies cardiovasculaires et de troubles cérébraux.

S'y ajoutent les décès provoqués par les accidents dus à une conduite en état d'ivresse, ou encore les agressions physiques.

(1) Les signataires de ce communiqué, envoyé à nos confrères de l'AFP, sont les Pr Amine Benyamina, Michel Reynaud et Nicolas Simon, addictologues; Bernard Basset et Gérard Dubois, spécialistes en santé publique; les Dr Irène Frachon et Albert Hirsch, pneumologues;  Catherine Hill, épidémiologiste; le Pr Serge Hercberg, nutritionniste.

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