Âge biologique : cette IA l’estime grâce au visage, à la langue et à la rétine

Publié par Freya Yophy
le 26/08/2026
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Votre corps a-t-il réellement le même âge que vous ?
Une intelligence artificielle développée par des chercheurs de Macao estime votre âge biologique et le risque de maladies chroniques à partir de trois photographies du visage, de la langue et de la rétine.

La date inscrite sur votre état civil ne reflète pas nécessairement l’état fonctionnel de votre organisme. Une étude publiée en janvier 2024 dans la revue scientifique PNAS présente un modèle d’intelligence artificielle capable d’estimer l’âge biologique à partir d’images du visage, de la langue et de la rétine. Cette technologie pourrait un jour compléter les outils utilisés pour repérer les personnes exposées à certaines maladies chroniques.

Trois zones du corps analysées simultanément

Pour concevoir leur outil, les chercheurs ont développé une architecture d’intelligence artificielle de type Transformer, capable de croiser les informations provenant de trois sources différentes.

Le professeur Kang Zhang, coauteur de l’étude, compare cette approche à la parabole des aveugles tentant de décrire un éléphant en n’en touchant qu’une seule partie. Étudier un organe isolément ne donnerait qu’une vision partielle du vieillissement. Le modèle analyse donc simultanément :

La rétine constitue une source d’informations particulièrement précieuse. Son observation permet d’étudier de manière non invasive une partie de la microcirculation sanguine ainsi que des structures issues du système nerveux.

Les chercheurs ont entraîné leur modèle avec les images de 11 223 personnes considérées comme en bonne santé, recrutées dans le nord de la Chine. La combinaison des trois types d’images s’est révélée plus précise que l’utilisation du visage, de la langue ou de la rétine séparément.

L’AgeDiff, un indicateur de vieillissement accéléré

À partir de ces images, l’algorithme estime un âge, ensuite comparé à l’âge chronologique du participant. La différence entre les deux correspond à un indicateur baptisé AgeDiff.

Un AgeDiff positif signifie que l’organisme présente des caractéristiques associées à un âge supérieur à celui inscrit sur l’état civil. À l’inverse, une valeur négative suggère un vieillissement physiologique moins avancé.

L’outil a notamment été évalué dans des cohortes comprenant des personnes souffrant de six pathologies chroniques : maladie coronarienne, hypertension, accident vasculaire cérébral, diabète, maladie cardiovasculaire et maladie rénale chronique.

Les participants concernés présentaient, en moyenne, un écart plus important entre leur âge estimé et leur âge chronologique que les sujets en bonne santé. L’association était également observée avec certains facteurs comme le tabagisme.

Un complément possible aux facteurs de risque habituels

Les résultats suggèrent que l’AgeDiff pourrait aider à classer les patients selon leur niveau de risque. Dans l’étude, l’ajout des informations obtenues à partir des images améliorait certains modèles intégrant déjà le sexe, le poids, l’indice de masse corporelle, la pression artérielle, la fonction rénale ou encore la glycémie à jeun.

Cette technologie ne remplace toutefois ni une prise de sang ni un examen médical. Elle fournit un indicateur statistique et non un diagnostic individuel. Un âge biologique élevé ne signifie donc pas qu’une personne souffre nécessairement d’une maladie.

Pas encore de test disponible sur smartphone

Les chercheurs envisagent à terme une utilisation plus accessible grâce à la télémédecine et aux appareils mobiles. Cette perspective reste néanmoins expérimentale. L’étude n’annonce aucune application destinée au grand public ni aucun lancement confirmé pour la fin de l’année 2026.

Les images utilisées pendant les travaux n’étaient pas de simples photographies prises avec un téléphone. Le visage a notamment été capturé en trois dimensions, tandis que l’examen de la rétine nécessitait un appareil permettant de photographier précisément le fond de l’œil.

D’autres validations seront également indispensables avant une utilisation médicale courante, notamment sur des populations plus diversifiées. Les participants étudiés provenaient exclusivement de cohortes chinoises, ce qui ne permet pas encore de garantir les mêmes performances dans l’ensemble de la population mondiale.

En attendant, les moyens les mieux établis pour ralentir le vieillissement en mauvaise santé restent la pratique régulière d’une activité physique, un sommeil suffisant, l’absence de tabac et une alimentation équilibrée.

 

Source scientifique : étude publiée dans PNAS.

 
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