Accro aux jeux vidéo ?

Publié le 15 Juin 2009 à 2h00 par Pieter Segaert, journaliste santé
Jouer à des jeux vidéo n'est pas un problème en soi. Pourtant, pour une poignée de mordus, ce loisir peut dégénérer. A quoi reconnaît-on un comportement de jeu problématique et comment y remédier ?
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Quand le jeu tourne à l'obsession


Jouer à des jeux vidéo est le divertissement favori de bon nombre d'adolescents et de jeunes adultes. Cette pratique n'a rien de nocif, sauf quand elle tourne à l'obsession. Dans ce cas, il s'agit d'une dépendance psychologique à un jeu vidéo qui se fait aux dépens des autres activités.

Ce sont principalement les jeux informatiques avec une fin ouverte qui sont susceptibles de générer un comportement de jeu problématique. Le gameur est en effet enclin à rejouer dans un délai plus rapproché afin de poursuivre le développement de son personnage.

D'après une étude récente, 10% des enfants et des adolescents qui jouent à des jeux vidéo sont 'dépendants' et les garçons davantage que les filles. Les scientifiques estiment qu'il s'agit du même type de dépendance que dans le cas des paris ou du poker.

Il convient toutefois de nuancer ce chiffre de 10%: les résultats sont basés sur une enquête en ligne. Les constats ne sont donc pas totalement représentatifs. De plus, tous les scientifiques ne sont pas convaincus qu'il s'agit d'une véritable dépendance, certains préfèrent parler d'un comportement de jeu purement problématique.

Reconnaître la dépendance aux games


Comment reconnaître une dépendance aux jeux vidéo? Voici un cas extrême. En janvier 2008, un adolescent de La Louvière a été admis à l'hôpital après avoir joué jour et nuit à des jeux informatiques pendant toutes les vacances de Noël. Il a déclaré avoir joué en moyenne huit heures par jour, mais aussi parfois 24 heures d'affilée. Pour rester éveillé, il buvait de grandes quantités de café et de boissons énergisantes.

Il s'agit, bien entendu, d'une exception, mais elle illustre bien jusqu'à quel comportement problématique on peut arriver. Cette dépendance aux jeux vidéo devient de plus en plus flagrante après un certain temps. Le game peut finir par complètement influer sur le comportement. Le joueur n'a plus de temps à consacrer à d'autres activités, tâches ou besoins de base, qui sont dès lors négligés.

La diminution des contacts avec les amis et la famille, jouer pour éluder les problèmes, moins d'attention pour les études, de moins bons résultats scolaires, se nourrir devant l'ordinateur et parfois aussi sacrifier ses heures de repos au jeu vidéo sont autant d'exemples types de cette dépendance.

L'oubli du 'monde réel' fait s'accumuler les problèmes. Seul jouer peut encore rendre l'accro heureux: il quitte la réalité difficile et ennuyeuse pour un monde virtuel et protégé.

Quelques conseils pour éviter les problèmes


Dans ces situations, les parents doivent garder la tête froide et conclure des accords clairs et précis avec leurs enfants: où, quand, combien de temps et avec quels jeux ils peuvent jouer. Par exemple, ils ne pourront jouer que si le travail scolaire est terminé, uniquement dans le living et pas plus longtemps qu'une demi-heure avant d'aller au lit. Un enfant à l'école primaire ne pourra rester devant l'ordinateur que deux heures par jour maximum. Considérez les jeux vidéo dans la mesure du possible comme un élément positif, une récompense quand les devoirs ou les tâches sont faits. Cette attitude positive permettra d'éviter pas mal de situations problématiques.