A 19 ans, elle meurt des complications d’une otite après deux passages aux urgences

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Une étudiante de Lyon (Rhône) est décédée en février à cause des complications d'une otite. Elle s'était pourtant rendue aux urgences à deux reprises, sans qu'elles soient détectées.

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Une simple otite a pris un tour dramatique à Lyon (Rhône). Âgée de seulement 19 ans, une étudiante de la ville est décédée d'une complication rare de cette infection de la sphère ORL. Ce n'est pas faute de s'être soignée : elle s'est rendue aux urgences de l'hôpital Edouard-Herriot à deux reprises.

Les 9 et 12 février, la jeune femme est admise à cause d'une otite carabinée. Après ces deux consultations, elle se voit prescrire des antalgiques et des antibiotiques. Mais l'infection progresse toujours et son état se dégrade.

Fin février, elle souffre de vomissements, de sévères maux de tête et a du mal à rester éveillée. Le SAMU est finalement alerté le 21 février. Dans le coma, l'étudiante originaire du Nicaragua est transportée pour la troisième et dernière fois à l'hôpital Edouard-Herriot.

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Après deux jours de soins, la jeune femme succombe à la maladie. Ce n'est qu'au moment de l'autopsie que le diagnostic est posé. Elle a souffert d'une complication rare de l'otite : un abcès cérébral – mortel dans 15 % des cas.

La mère porte plainte contre l'hôpital

L'abcès cérébral ne touche qu'une personne sur 100 000 par an dans les pays industrialisés. Dans un cas sur deux, il se forme à partir d'une infection de la sphère ORL, comme une otite ou une sinusite.

Mais cette complication est particulièrement grave, dans la mesure où elle provoque une hypertension intracrânienne. C'est elle qui provoque les symptômes dont était victime l'étudiante : maux de tête, vomissements en jets, somnolence…

Les antibiotiques suffisent rarement à traiter ce type d'abcès. Le plus souvent, un drainage par chirurgie est nécessaire, pour baisser la pression intracrânienne. Des anticonvulsivants peuvent aussi être nécessaires.

Informée de ces éléments, la mère de la jeune femme a porté plainte contre l'hôpital. Elle estime que les médecins du service n'ont pas pris le temps de poser un diagnostic correct, et ont ignoré les témoignages des amis de sa fille.

Interrogé par Le Progrès, le chef du service des urgences estime que le traitement prescrit – antibiotiques et antalgiques – était approprié à l'état de la victime. Mais l'hôpital affirme réfléchir à des solutions pour éviter de futurs drames. Un examen d'imagerie systématique, par exemple, afin de confirmer qu'aucun abcès cérébral ne se forme.

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