Le traitement hormonal substitutif en continu diminue le risque de cancer de l'utérus

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 22 Janvier 2001 : 01h00
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Selon une étude récente, l'hormonothérapie substitutive combinée de la ménopause, en prise continue, n'augmente pas le risque de cancer de l'utérus. Au contraire, il semblerait qu'il soit protecteur.

Au moment de la ménopause, un traitement hormonal substitutif à base d'œstrogène est prescrit pour combattre les risques de carences oestrogéniques (tant à court terme sur les symptômes de la ménopause comme les bouffées de chaleur, qu'à long terme sur le vieillissement de la peau, des artères, etc.). Les oestrogènes favorisant la prolifération des cellules de l'endomètre, il est recommandé de les associer avec un progestatif qui compense cet effet. Ainsi, le risque de cancer de l'utérus n'est pas augmenté avec le traitement dit « combiné » associant oestrogènes et progestérone. Il en existe deux types : en prise continue ou discontinue (14 jours par cycle).Une équipe de chercheur a étudié les effets de l'hormonothérapie combinée continue chez des patientes ménopausées atteintes d'un cancer de l'endomètre (muqueuse utérine) par rapport à une population témoin. Les femmes ayant reçu le traitement continu, comparées aux patientes ne suivant aucun traitement, ont un risque de cancer de l'utérus de 0,6. Ce risque est de 0,4 comparé à l'hormonothérapie discontinue. La prise continue d'hormones substitutives sur plusieurs années n'augmente donc pas le risque le cancer de l'endomètre, au contraire elle tend à le diminuer, montrant ainsi que la formule combinée (oestrogènes et progestérone) en continue est la plus avantageuse.

Les avantages certains du traitement hormonal substitutif

Cette étude souligne à nouveau l'intérêt de la prise en charge médicamenteuse de la ménopause. Avec une hormonothérapie, les symptômes désagréables de la ménopause s'estompent, alors que les effets bénéfiques des hormones perdurent. Les oestrogènes exercent un rôle protecteur sur le système cardiovasculaire, sur les os et la peau. Les bénéfices des hormones de substitution ne s'arrêtent pas là, ils se retrouvent aussi notamment sur les organes sexuels, la silhouette et le mental. De plus, suivre une telle thérapie implique un suivi médical, essentiel à cet âge pour dépister à temps d'éventuels signes de cancer, de diabète ou d'hypertension.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 22 Janvier 2001 : 01h00
Source : Hill, Am. J. Obstet. Gynecol., 2000, 183: 1456-1461.
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