Service sanitaire obligatoire : ce que demandent les étudiants

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mardi 27 Février 2018 : 10h53
Mis à jour par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mardi 27 Février 2018 : 15h00

A partir de septembre 2018, le service sanitaire sera obligatoire pour les étudiants en santé. D'une durée de trois mois, il visera à réduire les inégalités de santé entre les régions.

© Istock

Envoyer les jeunes sur le terrain, avant même qu'ils ne soient diplômés. C'est l'esprit du service sanitaire, dont le chantier a été lancé ce 26 février par les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal.

Ces interventions, promises par le président Emmanuel Macron, seront organisées dès la rentrée de septembre 2018. Dans un premier temps, 47 000 étudiants en médecine, maïeutique ou encore infirmerie seront déployés sur le terrain. A terme, plus de 50 000 seront concernés par cette mesure. Mais certains ont émis des réserves sur les conditions d'organisation de ce projet.

La mise en place du service sanitaire, rapide, s'inspirera d'initiatives déjà développées par des universités proposant une formation en santé. C'est le cas de l'université d'Angers (Maine-et-Loire), qui propose déjà une intervention du même type.

Un service non rémunéré

La différence, c'est que le service sanitaire sera cette fois obligatoire. S'ils ne s'y plient pas, les étudiants en santé ne pourront pas obtenir leur diplôme. La durée du déplacement sera aussi cadrée : elle durera trois mois. Problème, "selon le projet gouvernemental, les étudiant.e.s ne seront pas rémunérés pour ce travail obligatoire de six semaines à temps plein", déplore l'Union des Etudiants Communistes (UEC) dans un communiqué.

Pendant cette période, les futurs soignants bénéficieront d'une formation initiale – durant laquelle ils recevront les informations à transmettre et la façon de la faire. Suivront une phase de terrain et une évaluation.

Le contenu de ces interventions n'a pas été détaillé par les ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur. Mais l'orientation a été donnée : il s'agit de faire de la prévention. Selon le public visé, elle pourra donc viser la sexualité, l'alcool ou encore le tabac… mais aussi l'alimentation.

Car l'objectif a été clairement annoncé. Le service sanitaire est censé réduire les inégalités territoriales et sociales, en assurant une information égale y compris auprès des personnes les plus vulnérables – comme les détenus par exemple. "Ce n’est pas aux étudiant.e.s de compenser les dégâts provoqués par les politiques d’austérité qu’ils subissent !", objecte l'UEC.

L'organisation politique étudiante réclame donc que les étudiant.e.s soient payés pour le temps qu'ils passeront sur le terrain. Et ils chiffrent leur demande : "une rémunération plancher à 9,76€ de l’heure, soit le salaire minimum, pour ce service sanitaire".

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Réduire les prises de risque

Le service sanitaire, lui, visera un public large : résidences pour personnes âgées, prisons ou encore entreprises. Il s'agit aussi de sensibiliser les professions de santé à la question de la prévention primaire, rarement menée à bien malgré les incitations financières comme la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP).

Car les comportements à risque sont encore trop fréquents, y compris chez les jeunes. En France, 8.7 millions de personnes consomment régulièrement de l'alcool et de nombreux adolescents s'enivrent régulièrement.

La consommation de tabac reste elle aussi élevée, même si elle tend à reculer. Quant à l'obésité, elle reflète parfaitement les inégalités dont sont victimes les Français. Les enfants d'ouvriers sont 4 fois plus à risque d'en souffrir que ceux dont les parents sont cadre.

Publié par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mardi 27 Février 2018 : 10h53
Mis à jour par Audrey Vaugrente, journaliste santé le Mardi 27 Février 2018 : 15h00
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