Route : alcool = 30% des accidents mortels ; cannabis = 7 à 18% de tous les accidents

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 10 Juillet 2000 : 02h00
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L'alcool est en cause dans 30 % des accidents mortels et les dispositifs réglementaires en tiennent de plus en plus compte. Il n'en va pas de même avec les drogues dont l'impact n'est pas assez connu et avec certains médicaments qui touchent la vigilance.

Si lutte contre l'alcool au volant progresse et si par exemple 500.000 conducteurs "alcoolisés sont suspendus de permis (et devront passer un examen médical avant une éventuelle restitution) ou si 8 millions de contrôles d'alcoolémie préventifs ont été effectués en 1999, les chiffrent n'en restent pas moins alarmants : 30% des accidents mortels avec conducteur responsables sont dus à l'alcool, ce chiffre montant à 45% avec un seul véhicule. Les efforts dans ce domaine méritent encore d'être augmentés.

Drogues et médicaments : le nouveau point noir

Mais ce qui ne progresse que très lentement, c'est la lutte contre les autres produits psychotropes comme les drogues ou certains médicaments. La responsabilité des drogues, notamment du cannabis, commencent à être mieux connus. Selon certaines études françaises et étrangères, le cannabis était impliqué dans 7 à 18% des accidents. Certains soirs, ce taux peut monter à 30%, surtout le week-end sur le périphérique parisien. Pour autant, le dépistage du cannabis, de l'héroïne ou de la cocaïne n'est toujours pas effectif.

Le danger peut aussi venir de la consommation de certains médicaments ayant un impact sur la vigilance. Il en est ainsi des psychotropes (tranquillisants, antidépresseurs, neuroleptiques), des médicaments contenant de la codéine (antitussifs, antalgiques), de certains antinauséeux agissant sur le cerveau et de certains antihistaminiques. L'effet de certains médicaments traitant le diabète, l'hypertension artérielle ou l'insuffisance coronaire doit aussi être bien expliqué aux patients. Sur ce plan, la législation évolue et depuis un décret paru le 5 mai 1999, ces médicaments doivent apposer sur leurs boîtes une icône "dangereux pour la conduite" symbolisé par une voiture dans un panneau d'interdiction.

Reste que le dépistage de toutes ces drogues et médicaments potentiellement dangereux devrait être systématique pour mieux comprendre leur responsabilité dans les accidents de la route. Quant à l'usager, il doit en discuter avec son médecin et s'appliquer à prendre certains médicaments, comme les antihistaminiques, plutôt le soir.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 10 Juillet 2000 : 02h00
Source : Le bulletin de l'Ordre des Médecins N°6 - juin 2000
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