Peut-on dépister un risque d'Alzheimer chez les jeunes ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 24 Décembre 2003 : 01h00
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L'enjeu serait considérable si l'on pouvait identifier, bien avant l'apparition des premiers signes cliniques, des anomalies neurologiques associées à la maladie d'Alzheimer. Il serait alors possible de mettre en place des mesures de prévention primaire chez des jeunes patients portant une susceptibilité génétique.

La maladie d'Alzheimer touche près de 10% des personnes de plus de 65 ans. On sait aujourd'hui qu'il existe un gène de susceptibilité à développer cette pathologie, l'allèle epsilon 4 de l'apo E. Un quart de la population en serait porteur. Parallèlement, les études d'imagerie cérébrale utilisant les techniques les plus récentes (PET-scan ou Tomographie d'émission par positrons - TEP) ont montré chez les patients souffrant d'une maladie d'Alzheimer une diminution du métabolisme du glucose dans des régions précises du cerveau (cortex pariétal, temporal et préfrontal).

Depuis, les recherches se sont orientées sur les sujets âgés de plus de 50 à 65 ans, porteur de ce gène et ayant des fonctions cognitives normales, c'est-à-dire n'ayant pas développé la maladie. Les scientifiques montrent ainsi que bien avant l'apparition des troubles, ces personnes présentent des anomalies du glucose dans ces mêmes régions cérébrales.

Mais qu'en est-il chez les plus jeunes ? Ces mêmes anomalies sont-elles déjà présentes ?

Pour répondre à cette question ont été recrutés des volontaires âgés de 20 à 39 ans. Les imageries cérébrales (IRM et PET-scan) révèlent, uniquement chez les sujets porteurs du gène epsilone 4, la présence des mêmes anomalies et dans les mêmes régions que chez les patients atteints d'une maladie d'Alzheimer déjà installée.

Ce résultat est important car il démontre que ces anomalies surviennent bien avant l'apparition de la maladie clinique et qu'elles pourraient résulter d'un trouble du développement. Ces données offrent un espoir de pouvoir un jour prévenir cette maladie.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 24 Décembre 2003 : 01h00
Source : Proc. natl. Acad. Sci. USA, Eric Reiman (Phoenix, Arizona, USA), édition accélérée en ligne, décembre 2003.
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