De nouvelles molécules pour traiter la polyarthrite rhumatoïde

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 26 Septembre 2000 : 02h00
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Du nouveau dans le traitement de fond de la polyarthrite rhumatoïde. En France, en marge des différents médicaments habituellement prescrits, de nouvelles molécules font leur arrivée.

Présentées au Congrès annuel Européen de Rhumatologie qui s'est tenu à Nice, deux nouvelles molécules marquent une étape importante dans le traitement de fond de la polyarthrite rhumatoïde. Ces molécules à action immunomodulatrice constituent enfin une nouvelle alternative thérapeutique.

Une maladie inflammatoire

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie fréquente (1% de la population) qui touche plus les femmes que les hommes (3 femmes pour 1 homme). Elle débute généralement à l'âge adulte entre 40 et 60 ans, sans que l'on sache pourquoi. C'est une maladie inflammatoire qui touche essentiellement les articulations des extrémités (doigts, poignets, orteils, chevilles) mais elle peut atteindre également les articulations des hanches et des coudes. Au cours de la maladie, l'organisme produit des anticorps dirigés contre ses propres tissus (maladie auto-immune) : la fine membrane qui tapisse les articulations s'enflamme et le liquide lubrifiant qu'elle sécrète devient très abondant. Les articulations se déforment. Avec les années, l'inflammation peut s'étendre aux tissus voisins. Les symptômes sont douloureux, invalidants et très fatigants pour le patient.

Les traitements sont préventifs

Les traitements actuels agissent à plusieurs niveaux. Certains luttent partiellement contre la douleur et la raideur des articulations (aspirine et anti-inflammatoires stéroïdiens), d'autres reposent sur des antirhumatismaux, empêchent les déformations ou diminuent l'activité du système immunitaire, mais, leur fonction est préventive et non curative. Ils ralentissent l'évolution de la maladie et préviennent les déformations, mais ne la soignent pas. La majorité des patients doivent prendre des médicaments toute leur vie. De plus, la plupart d'entre eux présentent une certaine toxicité non négligeable.

Devant cette absence de traitement curatif, la mise au point de nouvelles molécules à action immunomodulatrice ouvre de nouvelles perspectives pour les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Ces médicaments (Rémicade et Enbrel) ont pour objectif de contrecarrer directement les causes de la maladie auto-immune, et ceci avec une toxicité bien moindre comparée aux traitements classiques. Dans ce domaine, les recherches sont dynamiques et d'autres approches thérapeutiques sont en cours de développement, dont la thérapie génique.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 26 Septembre 2000 : 02h00
Source : Le Quotidien du Médecin, vendredi 15 septembre 2000.
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