Des médicaments contre le diabète protègent des complications cardiovasculaires

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 13 Juillet 2016 : 09h05
Mis à jour le Mardi 16 Mai 2017 : 11h32

Le premier rôle des médicaments pour lutter contre le diabète est de baisser le taux de sucre dans le sang, la glycémie. Par ce biais, ils préviennent les complications au niveau des reins, des yeux et des nerfs. Mais coup sur coup, deux molécules dans le diabète de type 2 se sont révélées aussi protectrices vis-à-vis du cœur et des vaisseaux chez des personnes diabétiques fragiles car à haut risque cardiovasculaire. L’une est déjà disponible en France. La seconde le sera à moyen terme, espèrent les spécialistes. 

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Une première : des molécules "double effet" dans le diabète

Dans le traitement du diabète de type 2, la recherche a fait un grand pas. Désormais en 2016, deux molécules antidiabétiques abaissent non seulement de façon efficace le taux de glycémie mais elles se révèlent également protectrices vis-à-vis du risque cardiovasculaire, c’est à dire qu’elles protègent contre les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux, les décès cardiovasculaires et les décès toutes causes confondues. Cet impact a été étudié chez des personnes souffrant de diabète de type 2 à haut risque cardiovasculaire c’est à dire ayant des facteurs de risque comme l’âge, la surcharge pondérale, des taux de lipides sanguins anormaux ou après avoir fait un accident cardiovasculaire.

Ces données proviennent de deux études parues à l’automne 2015 (1) et tout dernièrement en juin 2016 au congrès de l’Association américaine du diabète (2). Elles étaient destinées au départ à valider l’innocuité de ces molécules déjà commercialisées, ce qui a été vérifié.

La première molécule est déjà disponible en France. Il s’agit du liraglutide (appartenant à la classe dite des analogues du GLP1) en injections sous cutanées quotidiennes. Ses bons résultats proviennent d’une vaste étude conduite chez plus de 9000 diabétiques de type 2 dans 32 pays.

La seconde molécule est commercialisée aux Etats-Unis et dans d’autres pays européens, mais pas (encore) en France en dépit d’une Autorisation de Mise sur le Marché européenne dans le diabète. C’est l’empagliflozine, qui se prend par voie orale, représentante de la classe de médicaments la plus récente (inhibiteurs des SGLT2).

Pr Pierre Fontaine, responsable du service d’Endocrinologie Diabétologie Métabolisme au CHRU de Lille et président de la Société Francophone du Diabète : « Les effets bénéfiques des traitements antidiabétiques sont bien connus en ce qui concerne le risque de complications microvasculaires vis-à-vis du rein (néphropathie), des yeux (rétinopathie) et des nerfs (neuropathie). Nous disposons désormais de molécules qui abaissent la glycémie (hypoglycémiantes) dans le diabète de type 2 avec un bénéfice prouvé sur les complications dites macrovasculaires c’est-à-dire touchant aux vaisseaux et au cœur. Nous ne traitons plus simplement la glycémie mais aussi le risque cardiovasculaire des personnes diabétiques ».

La protection cardiovasculaire dans le diabète en chiffres

Ces résultats ont été obtenus chez des personnes ayant un diabète de type 2 à haut risque cardiovasculaire et/ou avec des antécédents cardiovasculaires.

Pour la première (liraglutide), le risque de mortalité de cause cardiovasculaire était réduit de 22 % et celui d’événements cardiovasculaires graves (décès cardiovasculaires, infarctus du myocarde et accidents cardiovasculaires non fatals) de 13 %. Par ailleurs, la mortalité (toutes causes confondues) était inférieure de 15 %. Quant à l’empagliflozine, elle réduit de 14% le risque d’événements cardiovasculaires graves ainsi que la mortalité cardiovasculaire et toutes causes de plus de 30%.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 13 Juillet 2016 : 09h05
Mis à jour le Mardi 16 Mai 2017 : 11h32
Source : (1) EMPAREG OUTCOME N Engl J Med 2015; 373:2117-2128 et Empagliflozin and Progression of Kidney Disease in Type 2 Diabetes www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1515920; (2) LEADER. N Engl J Med. 2016 Jun 13
D’après un entretien avec le Pr Pierre Fontaine, responsable du service d’Endocrinologie Diabétologie Métabolisme au CHRU de Lille et président de la Société Francophone du Diabète
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