La marche à " 4 pattes ", un facteur clé de la lecture

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 11 Juin 2003 : 02h00
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Il semblerait que l'apprentissage des sens, représente un facteur de réussite en lecture. Ainsi, pour un bébé, sauter l'étape du « 4 pattes » et passer directement à la position debout pourrait être source de problèmes ultérieurs de lecture.

Régine Zekri-Hurstel, neurologue spécialiste de la question, qui se consacre depuis 1987 au traitement des difficultés de lecture et à la dyslexie, a souligné lors d'un colloque sur l'importance des manuels scolaires, le rôle primordial du développement sensoriel chez l'enfant. Pour elle, sauter l'étape du « 4 pattes » n'est pas un signe de précocité, comme le pensent nombre de parents, mais pourrait au contraire participer à des retards d'apprentissage de la lecture.

Une modification de l'adaptation visuelle est suggérée. En effet, un bébé allongé, rampant ou debout, regarde parallèlement à son corps, sans effort visuel particulier. En revanche, la position à « 4 pattes » nécessite un regard allant de haut en bas, lequel développe les mouvements de flexion-extension de la tête. Sans cette étape, la colonne cervicale sera moins souple et l'adaptation visuelle en sera donc modifiée. L'enfant aura ultérieurement du mal à adopter la position habituelle de lecture d'un livre et ainsi moins de facilité à apprendre et à aimer lire.

La lecture sur ordinateur engendrerait le même type de problème, car la position tête bien droite est plus facile. Mais en plus, le mot étant bien vu en face, prendrait plus d'importance que la structure de la phrase à balayer dans son intégrité. Selon Régine Zekri-Hurstel, la compréhension en pâtirait. De même, l'utilisation de la souris étant bien moins élaborée que le mouvement de pince pouce-index pour tourner la page d'un livre, n'aiderait pas à apprendre l'écriture.

Le développement des sens est donc indispensable pour les apprentissages ultérieurs. La neurologue met notamment l'accent sur l'odorat : « l'odeur est le principal facteur de souvenirs et de mémorisation dans 95% des cas, le goût et le toucher comptant pour 50%, l'audition 4% et la vue 3% seulement ». D'où toute l'importance de proposer des livres dès le plus jeune âge, afin que l'enfant puisse les toucher, les sentir et se les approprier, des facteurs essentiels de l'envie d'apprendre à lire et à écrire.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mercredi 11 Juin 2003 : 02h00
Source : Intervention de Régine Zekri-Hurstel, neurologue spécialiste des difficultés de lecture et de la dyslexie, lors du colloque sur l'importance des manuels scolaires, Paris, mai 2003.
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