Il est dépressif, que faire, que dire ?

Il est dépressif, que faire, que dire ?Lorsque quelqu'un de votre entourage souffre de dépression, il n'est pas facile d'être à la hauteur pour l'aider. On ne sait pas trop que faire… ou ne pas faire ! Le Pr Ferreri, médecin psychiatre co-auteur d'un livre « dépression, guide à l'usage du malade et de sa famille », nous donne quelques conseils éclairés…

Quand on n'a jamais été soi-même dépressif, il est extrêmement difficile de comprendre le ressenti d'une personne dépressive. On en fait souvent à tort une maladie de la volonté. Or, si le dépressif semble inerte, sans ressort, ce n'est pas un manque de volonté, mais le signe même de sa maladie. Si l'entourage ne comprend pas cela, au lieu d'aider la personne malade, il la dévalorise. Croyant bien faire, on lui demande de se démener un peu plus. Voici par exemple, ce qui peut être dit avec les meilleures intentions, et qui, au contraire, va paralyser encore plus la personne dépressive : « remue-toi un peu ! Prends sur toi ! Ne te laisse pas aller ! Un peu de volonté quand même ! Si tu étais un peu plus dynamique, ça irait mieux !... » Tout cela contribue à dévaloriser une personne qui se sent déjà bonne à rien, et donc à l'enfoncer encore un peu plus dans sa dépression ! Il est donc essentiel de faire attention à ce que l'on dit et à donner des conseils adaptés.

Quels sont ces conseils ?

Le premier, c'est d'encourager une personne dépressive à consulter un médecin. En effet, souvent, au début de la dépression, le malade n'a pas le courage de demander de l'aide. Il faut l'encourager à aller voir un spécialiste. C'est à ce moment-là qu'il faut déjà souligner qu'il ne s'agit pas d'un manque de volonté, mais d'une maladie qui se soigne.Par la suite, quand le « dépressif » entreprend des démarches de soin, il est bon de l'encourager, de lui faire sentir qu'il a les moyens de s'en sortir, que l'on croit en lui. Il faut absolument le valoriser, lui dire « cela peut arriver à tout le monde. Avec de l'aide, tu as la force de t'en sortir. Cela se soigne bien avec des médicaments et l'aide d'un psy » Bien sûr, il ne le croira pas, car cela fait partie de sa maladie ! Mais même s'il n'y croit pas, l'entendre ne peut que lui faire du bien !Une fois qu'il est suivi par un médecin, qu'il prend des médicaments, il reste important de le soutenir et de l'accompagner dans ce long chemin. Avec des médicaments antidépresseurs, il se sentira mieux au bout de deux à trois semaines. Le problème, c'est qu'il aura tendance à vouloir arrêter ce traitement. À ce moment-là, un soutien est très bénéfique. Il s'agit de lui faire comprendre qu'il doit prendre ce traitement antidépresseur au moins six mois, même s'il se sent mieux. Sinon, il risque de replonger en quelques jours et de devoir repartir à zéro.Pour l'aider à guérir, il est essentiel qu'il ait confiance en son thérapeute. Le problème, c'est que sa maladie l'incite à être méfiant, à ne pas y croire ! Faites donc votre possible pour l'encourager à parler de ses doutes à son thérapeute y compris à lui dire « j'ai l'impression que vous ne pouvez rien pour moi, que les médicaments que vous me donnez n'ont aucun effet »… Car s'il arrive à exprimer en confiance ce qu'il ressent, c'est un grand atout pour aller vers la guérison. L'entourage peut aussi encourager la personne dépressive à trouver des informations sur sa maladie, à parcourir des livres, des articles et des témoignages. Cela lui permettra de mieux la comprendre, de prendre un peu de recul et de s'apercevoir que certaines pensées négatives viennent de cette maladie et non de sa façon habituelle et naturelle de considérer la vie. Il peut aussi comprendre que l'on peut s'en sortir ! D'ailleurs, lire des informations sur la dépression est aussi très rassurant et éclairant pour l'entourage, qui est moins angoissé quand il comprend mieux ce qui se passe dans la tête du malade. Une bonne information, ça change tout. Et les gens bien portants comprennent très bien si on leur explique !Plus tard encore, le soutien de l'entourage reste utile. Une fois guéri, tout n'est pas forcément fini. L'ancien malade reste fragile un moment. De plus, il existe parfois des récidives qui doivent être prises en charge médicalement et le plus rapidement possible pour ne pas souffrir autant que lors de la première dépression. Dans cette phase aussi l'entourage peut être un soutien immense.Au total, le rôle de la famille, des amis, est important, des premiers débuts de la maladie dépressive jusqu'à sa guérison. C'est sans doute une des raisons pour lesquelles les personnes seules ont davantage tendance à déprimer. C'est bien le signe que l'affection, ça sert à quelque chose !

Article publié par le 30/08/2005
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Sources : " La dépression, guide à l'usage du malade et de sa famille ", aux éditions Bash.

Trouvez-vous cet article intéressant ?
 

en savoir plus