Euthanasie: un colloque à l'Assemblée ne résoud pas le problème

Publié par Dr Agnès Lara le Lundi 11 Février 2002 : 01h00
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Le colloque « 21e siècle, vers quelle fin de vie », qui s'est tenu le 25 janvier à l'Assemblée Nationale, a été le théâtre d'un véritable débat sur l'euthanasie. Des intervenants étrangers sont venus faire part de leurs expériences. Pour ce qui concerne la France, un député a présenté une proposition de loi visant à donner un cadre légal à l'euthanasie. Les participants ont tous fait valoir des positions très différentes mais légitimes.

A l'occasion du colloque « 21e siècle, vers quelle fin de vie ? », organisé à l'assemblée Nationale par l'association ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), le débat sur l'euthanasie a resurgi sur les devants de la scène médiatique. Doit-on permettre à des médecins de retirer la vie à des malades incurables qui en font la demande expresse ? Le serment d'Hippocrate, qui oblige un médecin à tenter tout ce qui est en son possible pour sauver la vie des personnes doit-il être respecté à tout prix ou bien existe-t-il un seuil au-delà duquel il n'est plus qu'acharnement thérapeutique ? Peut-on laisser les malades décider de leur mort ? Cette idée dérange car d'une part, les institutions considèrent souvent qu'une demande d'assistance au suicide constitue un échec à la prise en charge du malade, d'autre part et de façon plus générale, nos sociétés occidentales vivent dans un refus total de la mort. Pourtant chacun ne devrait-il pas être libre de son destin dans sa vie comme dans sa mort ? Il semblerait que les idées soient en passe d'évoluer à ce sujet.

Les Pays-Bas sont les premiers au monde à avoir légalisé l'euthanasie

En 1994, une première loi visant à protéger les médecins ayant pratiqué une euthanasie selon des critères stricts a été votée. Ces critères ont ensuite été redéfinis de manière plus précise par la loi d'avril 2001 autorisant l'euthanasie :

  • Le médecin doit « être convaincu que la demande de son patient est volontaire, réfléchie et réitérée et que sa souffrance est insupportable et sans issue ».
  • Il « doit avoir informé son patient de son état actuel et du pronostic et être arrivé, avec lui, à la conclusion qu'il n'y a pas d'autre solution acceptable ». Un autre médecin indépendant doit partager cet avis.
  • L'acte d'euthanasie devra être déclaré à la police afin qu'une commission s'assure de sa conformité à la loi.

En 1994, une première loi visant à protéger les médecins ayant pratiqué une euthanasie selon des critères stricts a été votée. Ces critères ont ensuite été redéfinis de manière plus précise par la loi d'avril 2001 autorisant l'euthanasie :

La Suisse a légalisé l'aide au suicide, mais l'euthanasie active reste interdite

Il est autorisé de mettre à la disposition d'une personne atteinte d'une maladie incurable et endurant des souffrances physiques et morales, les moyens de se suicider sans violence. Des dispositions légales encadrent bien sûr cet acte.Cependant, il existe bien des cas où l'euthanasie active reste attendue par des malades qui se trouvent dans l'incapacité de s'administrer eux-mêmes une solution mortelle.Selon, le Dr Jérôme Sobel, président d'Exit Suisse, association d'aide aux malades en fin de vie, la légalisation de l'euthanasie permettrait à un certain nombre de patients se savant irrémédiablement atteints d'accepter de vivre plus longtemps s'ils avaient la certitude de pouvoir être aidé dans leur acte lorsqu'ils seraient dans l'incapacité de le faire.Une proposition de loi a été déposée dans ce sens en 2000 mais est toujours à l'étude en commission parlementaire.

Publié par Dr Agnès Lara le Lundi 11 Février 2002 : 01h00
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